5.
Cinquième session de formation, Budapest,
les jeudi 8 et vendredi 9 mars 2007.
« APPRENTISSAGE BILINGUE,
DE LA DNL A LA LANGUE ET
DE LA LANGUE A LA DNL »
L’organisateur local
Gabor Boldizsar
Oktasi Miniszterium OM
Szalay ut. 10-14
0036 1 473 75 43
gabor.boldizsar@om.hu
VUE D’ENSEMBLE
Six sessions de formation à Genève (3),
Sofia (1), Varsovie (1) et Budapest (1), conduites par des experts
suisses, bulgares, hongrois et polonais, aboutiront à la formalisation
de standards de qualité en matière d’apprentissage
bilingue en Lycées, Gymnases et Sections bilingues. Cette
construction sera d’utilité pratique immédiate
pour les praticiens de l’enseignement; sa formalisation théorique
conduira à une publication de stratégies innovantes.
A l’évidence, l’enseignement bilingue développe
mieux la compétence de communication, pour la Langue 2 et même
pour la Langue 1. Depuis quelques années, on en montre de plus les
atouts pour l’apprentissage des savoirs liés aux disciplines
non linguistiques ( DNL ) eux-mêmes.
Les deux journées de Budapest visent à mettre en
relief le bénéfice disciplinaire de l’enseignement
bilingue, ainsi que le bénéfice linguistique du passage par
les disciplines non linguistiques. Et à en décrire les conditions
concrètes de réalisation. Elles combineront apports théoriques,
travaux en ateliers et visites de classes. Un retour sur les questions
d’évaluation, du point de vue des DNL, sera envisagé.
Un premier regard sera porté sur l’effort roumain en la matière.
Ce Cycle de formation en six sessions est un des axes du projet SCALA
transEurope. L’autre axe vise à produire un bilan comparé d’apprentissages
avec ou sans année 0.
PROGRAMME
Jeudi
8 mars 2007
Objectif général
Le bénéfice disciplinaire de l’apprentissage
bilingue |
Présidence de séance
Janine Bézaguet, présidente AEDE
suisse, Genève
08h00 Accueil des participants
08h30 Salutations et ouverture
Janine Bézaguet, présidente de l’AEDE
suisse
08h45 Messages officiels et présentation des
deux journées
S.E. Monsieur l’Ambassadeur de Suisse à Budapest,
M. Marc-André Salamin
Jean-Claude Gonon, secrétaire général
de l’AEDE International, Bruxelles,
membre du Groupe »Langues » du Conseil de l’Europe,
Strasbourg
Jean-Pierre Debaere, directeur-conseiller culturel de l’Institut
français, Budapest, hôte de la session
Gàbor Boldizsàr, organisateur local
09h15 Départ en car
Visite de classes de DNL
Lycée Kölcsey, Munkacsy M., u 2, 1063 Budapest,
0033 1 46 84 105
13h00 Repas
Coordinateurs/ices
nationaux /es : repas en commun (table spéciale)
Thème : le suivi 2007 et 2008 de SCALA transEurope
Présidence de séance
Laurent Gajo, professeur,
Université de Genève
14h30 Jacques-André Tschoumy, chef de projet : le
projet et ses développements
Laurent Gajo, coordinateur scientifique : l’intérêt
de la session de Budapest
15h00 Le travail bilingue, un atout pour les disciplines
Jean Duverger, a.inspecteur de l’Education nationale,
Paris
15h45 Construction intégrée des savoirs linguistiques
et disciplinaires
Stéphane Borel, Laurent Gajo et Cecilia Serra Stern, Université de
Genève
17h00 Pause
17h15 En parallèle, deux présentations didactiques
La langue dans l’enseignement des mathématiques par immersion
Lilianna Kondrak, Pologne, Richard O’Donovan,
Genève
Impérialisme / colonialisme, de la fin du XIXe siècle jusqu’à la
fin de la première guerre mondiale
Christiane Löfgren (avec vidéo)et Pierre
Bickel, Genève, Maria Benova, Sofia
18h00 Clôture de la journée
Présidence de séance
Laurent Gajo, professeur,
Université de Genève
08h30 Henri Moser, Genève : L’apprentissage
bilingue en Suisse et en Europe
Jean-Claude
Gonon : L’apprentissage des langues en Europe
09h00 Ateliers DNL : mathématiques, histoire,
géographie, biologie, physique
Coordinateurs bulgare, hongrois et polonais
Représentants suisse et roumain
Les Ateliers auront pour tâche de produire, de produire une vue
synthétique des apports et bénéfices réciproques des
DNL et de l’apprentissage bilingue dans chacun des pays partenaires
du projet. Les délégations sont invitées à préparer
une présentation orale courte, et écrite, de
ces apports réciproques dans chacune des disciplines ci-dessus
Encadrement des Ateliers
Pause : à la libre disposition des
Ateliers
11h30 Restitution orale et écrite en plenum ( mots-clés,5
mn par Atelier, puis débat de 5 mn )
12h30 Présentation de l’enseignement bilingue
en Roumanie
Elvira Tocalachis, Cluj, Roumanie
13h00 Repas
14h30 Enseignement bilingue et évaluation pour les DNL : l’exemple
de la biologie
Marek Zajac et al., Varsovie
15h15 Sections bilingues francophones en Europe : questions
actuelles
Manuela Pinto, Paris
16h00 Pause
16h30 Synthèse de la session et suivi du Cycle
Jacques-André Tschoumy,
chef de projet
Laurent
Gajo, coordinateur scientifique
16h45 Conclusions
Gabor Boldiszar, organisateur local
Janine
Bézaguet, présidente de l’AEDE suisse
17h00 Fin de la session
17h45 Départ en car de l’Hôtel Carlton pour
l’Ambassade de Suisse à Budapest
18h00-20h00 Réception à l’Ambassade de Suisse à Budapest, Stefaniastr.
Ut.107, 1143 Budapest, offerte par S.E. Monsieur l’Ambassadeur
Marc-André Salamin
20h00 Départ du car pour l’Hôtel Carlton
SYNTHESE
DE LA DNL A LA LANGUE
ET DE LA LANGUE A LA DNL
VUE D’ENSEMBLE
Six sessions de formation à Genève (3),
Sofia (1), Varsovie (1) et Budapest (1), conduites par des experts
suisses, bulgares, hongrois et polonais, aboutiront à la formalisation
de standards de qualité en matière d’apprentissage
bilingue en Lycées, Gymnases et Sections bilingues. Cette
construction sera d’utilité pratique immédiate
pour les praticiens de l’enseignement; sa formalisation théorique
conduira à une publication de stratégies innovantes.
A l’évidence, l’enseignement bilingue développe
mieux la compétence de communication, pour la Langue 2 et même
pour la Langue 1. Depuis quelques années, on en montre de plus les
atouts pour l’apprentissage des savoirs liés aux disciplines
non linguistiques ( DNL ) eux-mêmes.
Les deux journées de Budapest ont visé à mettre
en relief le bénéfice disciplinaire de l’enseignement
bilingue, ainsi que le bénéfice linguistique du passage par
les disciplines non linguistiques. Et à en décrire les conditions
concrètes de réalisation. Elles ont combiné apports
théoriques, travaux en ateliers et visites de classes. Un retour
sur les questions d’évaluation, du point de vue des DNL, a été envisagé.
Un premier regard a été porté sur l’effort roumain
en la matière.
Ce Cycle de formation en six sessions est un des axes du projet SCALA
transEurope. L’autre axe vise à produire un bilan comparé d’apprentissages
avec ou sans année 0.
RESUME
DOUBLE TREMPLIN
Pendant trop longtemps, l’apprentissage par immersion
fut une sorte d’escapade pédagogique menée, selon
les points de vue, par des pionniers, des aventuriers ou des marginaux,
toujours seuls. L’heure est venue de briser cette représentation
désuète.
Désormais, et la Conférence de Budapest l’a
confirmé, l’apprentissage bilingue a sa spécificité.
Spécificité
- de son évaluation (Sofia, les 13 et 14 octobre 2005)
- de sa didactique (Genève, les 2 et 3 février
2006)
- des ses formations, initiale et continuée (Varsovie,
les 11 et 12 mai 2006)
- de la communication induite (Genève, les 2 et 3 novembre
2006)
- d’un apprentissage plus sûr par les disciplines
non linguistiques
(Budapest, les 8 et 9 mars 2007).
Il convient aujourd’hui d’affirmer
que l’apprentissage
bilingue en Europe n’est désormais plus une variante individuelle,
il est un corps constitué, un corps de savoirs et de pratiques
qui s’est doté de ses propres règles.
Multiples et variés sont les efforts d’apprentissage
bilingue en Europe. Mais tous ont une communauté d’intérêt,
un référentiel d’idées–forces commun,
un air de famille que SCALA transEurope met en évidence à chacune
de ses sessions, tel un ensemblier.
*****
La session de formation de Budapest aura indiqué une tendance
forte vers un renforcement, par double tremplin, d’un apprentissage
bilingue transitant par les Disciplines Non Linguistiques (DNL) telles
que mathématique, histoire, géographie, biologie, physique,
ainsi que d’un renforcement de la maîtrise disciplinaire en
transitant par un apprentissage bilingue.
L’étude de résultats comparés d’apprentissages bilingues
intensifs (année préparatoire intensive, dite 0, à raison
de 18 heures par semaine) et dispersés dans l’horaire accrédite
un temps scolaire d’immersion intense mené par des natifs
de préférence. Les travailleurs et les jeunes circulent.
Enfin les professeurs bougeront.
L’apprentissage bilingue, désormais organisé en
un corps constitué de savoirs et de pratiques, sera-t-il bientôt
une réponse à la mesure de ce 10 à 12 % du budget éducatif,
soit de cet énorme investissement financier consenti partout en Europe
sur le front des langues à l’Ecole ? La réponse est attendue à la
6e session de SCALA transEurope, à Genève, les
15 et 16 novembre 2007.
DOUBLE TREMPLIN
La 5e session de SCALA transEurope, à Budapest, les
8 et 9 mars 2007, aura-t-elle été un temps significatif
de notre projet d’aiguillonner les systèmes publics et privés
d’apprentissage bilingue ?
Oui, par double tremplin :
- par les DNL, l’apprentissage bilingue est magnifié
- par l’apprentissage bilingue, les DNL sont magnifiées.
Tell est la double fécondation mise en éclairage à Budapest.
L’avancée est considérable, car non seulement l’apprentissage
des langues est-il ainsi favorisé, mais aussi, et contre l’idée
reçue généralement admise, c’est l’apprentissage
même des disciplines qui se trouve ainsi indirectement promu.
LES DISCIPLINES NON LINGUISTIQUES SONT-ELLES
UN ATOUT POUR
L’APPRENTISSAGE BILINGUE ?
Le discours transite par une médiation, puis une re-médiation ;
se vivifie par des séquences de clarification et de re-conceptualisation ;
et aboutit finalement à effacer une certaine opacité au
profit d’une nouvelle densité.
Par ce savant travail de traitement et de retraitement, les disciplines
non linguistiques sont un atout pour l’apprentissage bilingue.
Elles offrent, par ce détour, un tremplin de développement à l’apprentissage
de la langue.
Le tableau de l’Ecole de Genève objective cette avancée
importante. Les travaux de Laurent Gajo et de ses collaborateurs
visent à la mise en évidence d’un tableau de
référence nouveau présentant
- une construction intégrée des savoirs linguistiques
et didactiques
- une approche synthétisant des procédures nouvelles à l’Ecole,
combinées à des articulations nouvelles (itération,
emprunt, alternance).
Pour que la communication s’améliore, un jeu d’alternances
est souhaitable. Il s’agit là d’un nouveau paradigme,
d’une spécificité de multiples alternances, les unes
alternant L1 et L2, les autres alternant savoirs linguistiques
et savoirs pratiques ou didactiques ( Richard O’Donovan).
LE TRAVAIL BILINGUE EST-IL UN ATOUT POUR LES
DISCIPLINES ?
Quelques sondages menés avant Budapest auprès de professionnels
de l’enseignement se sont révélés catégoriques. « Du
bilingue en mathématique, en physique et en chimie, soit !
Mais en histoire-géo, jamais ! La langue est trop en lien
avec la culture, disaient-ils. Ce lien ne se détruit pas, car
l’histoire, selon eux, s’est construite en une langue, dans
un cadre
(national, le plus souvent ), en fonctions de lignes de forces toujours
spécifiques à un territoire donné ».Voilà un
courant de pensée totalement étranger à celui qui
aura couru à Budapest.
Or, Jean Duverger aura répondu à cette objection. « Il
est légitime, a-t-il dit, de casser ce lien de la langue avec
sa culture ». Car, a-t-il expliqué avec précision,
la L2 est un outil d’apprentissage moins affectif
que la L2 ; moins polysémique, moins familier aussi. Un têtard
se caractérise en français par la tête, en italien
par son frétillement. Par la L2, s’ouvre l’univers
des langues, et l’univers de ses propres représentations.
La L2 est aussi un système plus stéréoscopique. Les
guerres napoléoniennes traitées par double focalisation
française et allemande ouvrent les regards, enrichissent le concept,
offrent une dimension plus consistante. Plus stéréoscopique.
La L2 offre une tension bienvenue entre représentations trop
statiques souvent. La tension induite est constructive entre les énoncés
différents émis par deux codes linguistiques différents, à l’image
de l’éducation comparée, qui met en tension, sur de mêmes
interrogations, des réponses différentes issues de systèmes éducatifs
différents.
Ensuite, et ici la logique et l’argumentaire seront constructivistes, on
construit plus par la L2, parce qu’on réunit les meilleures
conditions d’attention et d’apprentissage. Par le
détour de la L2, l’apprenant ne peut plus se fier à une
perception superficielle, et, par défaut, se fabrique une meilleure
autoconstruction.
Enfin, l’éducation bilingue inspire la création
de matériels spécifiques de DNL. De Hongrie,
de Bulgarie, de Suisse, s’inventent des matériels pédagogiques
certes pas entièrement nouveaux, mais profilés, empruntés
au monde des caricatures, de la publicité, de textes issusde divers
points du monde, pour les mettre en tension. Reposant sur l’émotion,
ces éléments déclencheurs atteignent la sphère
des représentations conflictuelles souvent, et inspirent des débats
enfiévrés – on l’aura vu – chez les élèves,
ainsi que des séquences didactiques variées chez le professeur :
débat, controverse à deux voix, désignation verbale
de la situation, sélection et choix. Mais toujours, sauf en de rares
cas, cette création reste personnelle, individuelle, rarement
conduite en collectifs, ni en réseaux d’enseignants.
Cinq fois, l’apprentissage bilingue est donc un atout pour les
DNL. Mais avec deux bémols, soit à certaines conditions,
deux conditions disputées parfois, et qui ont leur poids. Ce sont
les bémols de l’alternance codique et du niveau de maîtrise
linguistique du professeur.
L’alternance codique
Souvent non prévisible, l’alternance codique est souhaitable.
Des temps d’alternance séquentielle de type micro sont bienvenus.
En effet, un univers mental repose d’abord sur sa langue, voilà pourquoi,
s’ils‘agit de se représenter un objet, ce temps de
représentation se fera utilement en L1 et non en L2. Voilà pourquoi
l’enseignant reviendra à la L1 lors de séquences
courtes. Lors des autres séquences – énoncé du
thème, synthèse, contrôle – l’apprentissage
sera vraiment bilingue, l’intérêt étant d’obtenir
tous les points de vues grâce à une variation de méthodes.
Avec Jean Duverger, on tient là une prise de position
et un avis de professeur de terrain, qui a plu à plusieurs, n’a
pas convenu à quelques-uns, plus dogmatiques. Le débat
aura été bien précisé à Budapest.
Mais manifestement il n’est pas clos. Voilà la première
condition : l’alternance codique enrichira la séquence.
Mais, le principe reste inentamé : l’apprentissage
bilingue favorise l’approche disciplinaire.
Le niveau de maîtrise des enseignants
La seconde condition émise est encore plus importante: le niveau
de compétence linguistique des enseignants atteindra, à l’écrit
le niveau C1, à l’oral le niveau B2 du Cadre
européen des langues. Cette double exigence oblige.
Elle oblige à l’étonnement. Comment ne pas s’étonner
qu’à l’heure de la liberté de circulation des
personnes et du formidable réseau d’échanges des
1,5 millions de Jeunes en Europe, l’échange de professeurs
entre systèmes éducatifs ne se soit pas systématisé.
Ce serait facile. Le professeur conservera son statut de son pays d’origine,
son droit au retour, son salaire du pays d’origine, sa langue d’enseignement,
sa discipline enseignée. Il est ce qu’on appelle un natif.
Dans ses conclusions et recommandations, SCALA transEurope ne
manquera pas d’alerter les Autorités sur ce déficit
en matière, et surtout dans les Etats fédéraux,
où la libre circulation des enseignants, interne, est facilitée.
Notre proposition sera entière, et à large échelle :
qu’un programme d’échanges de professeurs s’instaure
dans chaque sens entre les Ministères. Ainsi la condition
requise par Jean Duverger sera-t-elle requise, soit celle d’exigence
de professeurs compétents en maîtrise linguistique de la
L2.
Bémolisées par ces deux conditions, telles sont les
lignes de force qui semblent s’être dégagées des
débats de Budapest quant à l’enrichissement mutuel des
disciplines et de l’apprentissage bilingue. La session de Budapest
aura ainsi apporté une contribution significative à la double étude
pluriannuelle de SCALA transEurope.
CONCLUSION
L’objectif assigné aux Ateliers aura été de
produire, de produire une vue synthétique des apports et bénéfices
réciproques de l’apprentissage bilingue et des disciplines
non linguistiques telles que les mathématiques, l’histoire,
la géographie, la biologie et la physique dans chacun des
pays partenaires du projet. L’idée la plus commune, la plus
répandue aussi, est celle d’un déficit d’un
apprentissage de disciplines transitant par une autre langue.
Le temps est venu de tordre le cou à cette idée reçue.
Les différentes contributions présentées à Budapest
constituent désormais un vivier d’expériences intéressant,
original, et conduisent à constater un apport positif pour :
- les DNL
- la langue
- l’interaction en classe
- le développement cognitif
- l’apprentissage bilingue
- et surtout sur les flux de leurs courants respectifs.
La session de Budapest n’était pas un Café bilingue,
elle était liée à un mandat de résultat.
On avait antérieurement affirmé
- à Sofia, la spécificité de l’apprentissage
bilingue
- à Genève, la spécificité de la didactique
bilingue
- à Varsovie, la spécificité de la formation
bilingue
- à Genève encore, la spécificité de la
communication bilingue.
A Budapest, et c’est l’acquis de cette cinquième
Conférence, s’est affichée une double spécificité :
- spécificité des DNL, magnifiant l’apprentissage
bilingue
- spécificité des DNL, magnifiées par l’apprentissage
bilingue, avec création de matériels didactiques
spécifiques aussi.
Cette double contribution n’est pas moindre. Car, en même
temps qu’elle s’affirme, elle offre une contribution non
négligeable à l’ensemble du débat éducatif
e tous les pays. Surtout, elle répond à l’objectif
de base de SCALA transEurope, soit identifier et soumettre à l’attention
de nos Etats, et à l’Europe, stratégies innovantes
et standards de qualité pour l’apprentissage bilingue en
Europe.
Le tremplin mutuel que s’offrent l’apprentissage
bilingue et les DNL n’est pas une des moindres révélations
des travaux de Budapest.
DEVELOPPEMENTS
SCALA transEurope repose sur un système rare dans
les pratiques de coopération entre Ouest et l’Est. Le projet
est basé sur la réciprocité des apports, sur un échange
des compétences, sur l’apport des uns et des autres. C’est
un principe d’égale estime des partenaires qui
préside au projet, et non un principe d’assistanat des systèmes éducatifs
de l’Europe centrale et orientale par l’Europe occidentale,
le plus généralement développé. Cet axe du
projet SCALA transEurope retient l’attention particulière
des Ambassades rencontrées, ainsi que de Présence suisse.
Il convient donc de poursuivre l’effort.
Les années ’80 ont contribué à un
progrès évident d’un apprentissage des langues en Europe :
- plus précoce (9 ans, puis 6 ans, puis 4 ans, voire deux
ans)
- plus naturel (immersion, plurilinguisme)
- plus ouvert (toutes les langues)
- plus cohérent
- plus dynamique (par les échanges)
- plus formalisé (sections et lycées bilingues)
- plus plurilingue.
Une idée reçue a été cassée :
l’apprentissage bilingue n’est pas moins efficace.
Mieux ! Il est souvent plus efficace que l’enseignement traditionnel. « L’interaction
bilingue ou plurilingue, selon Laurent Gajo, instaure un cadre privilégié à la
construction et à la problématisation des savoirs ».
On sait aussi que l’enseignement public a pu bénéficier
de l’effet-aiguillon de l’enseignement privé.
Les années ’90 ont ouvert au grand public la
découverte de pratiques d’Europe centrale et orientale inconnues
en Europe occidentale. L’Europe s’est ouverte à l’univers
des langues aussi. On y a découvert une .étonnante maîtrise
des langues des apprenants, en tous les cas bien plus élaborée
que celle issue de nos systèmes occidentaux. Avec d’autres, SCALA
transEurope met en évidence des expériences inédites
et méconnues, qui interrogent.
Il convient d’aller plus loin. Ces années 2000 doivent
permettre d’aiguillonner les systèmes éducatifs
par un outil plus cohérent, et un statut. Cet outil pourra s’inspirer
des travaux de SCALA transEurope, sur ses deux axe des Bilan
scientifique comparé avec ou sans année 0, et aussi des
standards de qualité issus des diverses conférences thématiques
mises en place par le projet. Le temps est venu de ne plus se contenter
de cas particuliers – ici, ceci, là, cela -, mais d’élaborer
un espace de l’apprentissage bilingue en Europe, de l’assurer
d’un socle dans les dispositifs éducatifs nationaux, et
d’un socle commun, européen. A Sèvres (F), le
CIEP et Manuela Pinto s’y engagent. Evaluer les performances,
mesurer l’impact de l’investissement consenti, offrir un
cadre de références, élaborer un statut pour les
enseignants, mutualiser les ressources, autant de pistes d’ancrage
d’un enseignement bilingue enfin devenu socle pour les systèmes éducatifs. SCALA
transEurope, avec d’autres, à titre d’acteur
de transit vers l’avènement d’un statut politique
du bilingue, pourra y contribuer, selon ses moyens.
Cette intention se précisant désormais, il convient d’enrichir
la palette. Le dossier SCALA transEurope se complétera
au cours des années 2007/2008 d’investigations nouvelles
et complémentaires dans les domaines suivants :
- L'année préparatoire, année 0 (approfondissement
d'un premier débat à Varsovie, avec Marta Walczynska).
- Le coût financier de l'AB (regard économique)
- La composante interculturelle de l'AB (évoquée par
le Val d'Aoste à Varsovie)
- Le bilingue en Entreprises, projet Dylan (accueil
des étudiants et suivi de formation continue en Entreprises)
- La prise en charge autonome de l'AB (Projets Perle et Moser)
- L'évaluation spécifique des apprentissages bilingues
(approfondissement des travaux de Sofia).
La dynamique de SCALA transEurope élargit son cercle,
puisque, à titre de partenaires thématiques et ponctuels, trois
systèmes européens se sont joints au projet :
le Val d’Aoste, la Roumanie et le Kosovo.
A cette dynamique d’élargissement se joint une triple
dynamique d’approfondissement,
- thématique, vers six champs d’analyse
complémentaire
- opérationnel, vers deux sessions supplémentaire à Cluj
et à Genève, en 2008; et
- intranational, vers des Forums de diffusion et
de communication nationale des travaux de SCALA transEurope,
dès la fin 2008.
Le temps de la diffusion et de la communication s’est
engagé, lui aussi :
- le site Internet de l’AEDE International rend
compte des travaux et des résultats de SCALA transEurope
- une triple publication sera émise en 2008
- l’une, politique, à l’égard
des décideurs
- une deuxième, pédagogique, à l’intention
des professionnels de l’enseignement
- une troisième, scientifique, en direction
de la communauté scientifique.
La prochaine session aura lieu à Genève, les 15 et 16
novembre 2007.
Budapest, Neuchâtel, Genève, le 2 avril 2007
Jacques-André Tschoumy
chef de projet
SCALA transEurope
Procès verbaux d’ateliers
A). Procès verbal de l’atelier d’Histoire du
Vendredi 9 mars 2007
Lors de cet atelier, il s’agissait de parcourir quatre thématiques :
- Le bénéfice de l’enseignement bilingue pour
le développement des langues
- Les atouts et/ou les problèmes amenés par l’enseignement
bilingue en ce qui concerne la progression dans la discipline
- Les effets de l’enseignement bilingue sur l’organisation
de l’interaction en classe. L’enseignement bilingue nous
oblige-t-il à travailler différemment ?
- L ’enseignement bilingue favorise-t-il la mise en place
de stratégies stimulant l’acquisition des connaissances ?
Les questions 3/ 4 concernent plus particulièrement la didactique
de l’enseignement bilingue; il est donc également important
de se demander quel est le retour/ l’effet sur l’élève
de cette didactique spécifique.
Un tour de table est alors amorcé portant d’abord sur
la question 1):
Le bénéfice de l’enseignement bilingue
pour le développement des langues:
Il est relevé qu’un premier avantage de l’histoire
enseignée en L2 est qu’elle représente une situation
de communication réelle et authentique, bien que scolaire, pour
les élèves. Les enseignants se basent soit sur du matériel
authentique en L2 (textes sources, images authentiques, documents visuels
etc.), soit sur des manuels d’histoire. Il est cependant rare
de trouver, dans les différents pays représentés,
des manuels en L2 spécialement conçus pour l’enseignement
bilingue. Il s’est avéré que les pratiques quant
au choix du matériel divergent passablement selon les différents
pays : En Suisse par exemple, on privilégie l’utilisation
de matériel authentique rédigé en L2. En Hongrie
et en Bulgarie on se sert souvent des manuels d’histoire qui
sont utilisés dans les filières non-bilingues, parce
que les manuels en langue cible, correspondant aux programmes nationaux,
n’existent pas. C’est ce que nous avons aussi pu observer
dans le cours d’histoire auquel nous avons assisté le
matin (Lycée Kölcsey), où l’enseignante interrogeait
ses élèves en français tout en utilisant un manuel
d’histoire hongrois (donc en L1) comme document d’appui.
Certains enseignants bulgares et hongrois ont par ailleurs exprimé le
souhait de pouvoir travailler davantage avec du matériel authentique
mais ils ont remarqué que leurs élèves n’avaient
pas encore l’habitude de cette nouvelle façon d’étudier.
Cette méthode, utilisée en Suisse, tente avant tout d’apporter
aux élèves une certaine autonomie dans la gestion de
leur matériel et dans la réflexion. Ils sont amenés à analyser,
comparer et critiquer les documents en L2. Ceci les entraîne à s’exprimer
et les oblige à enrichir leur vocabulaire. Ainsi, l’approche
communicative est largement utilisée.
Un autre fait qui justifie l’enseignement de l’histoire
en L2 est qu’il contribue chez les élèves à la
formation de divers styles d’expression, écrits et oraux,
c’est-à-dire au développement de différents
niveaux de langage ou de registres, allant d’un langage émotionnel
vers un langage plus neutre, abstrait et scientifique. Par ailleurs,
si l’élève a l’occasion de s’exprimer
librement (où lors d’un débat), il enrichit son
vocabulaire, perfectionne et élargit ses compétences
interactives/ communicatives en L2. L’enseignant bilingue, de
son côté, doit porter plus d’attention sur la compréhension
de l’élève, il doit s’assurer que ce dernier
ait saisi. En Bulgarie, contrairement à Genève, l’alternance
de code est utilisée pour clarifier des notions. A Genève,
les enseignants déploient différentes stratégies
(reformulations, emploi de synonymes, d’antonymes, utilisation
de supports visuels, gestuelle) pour assurer la bonne compréhension
des élèves. Ils essaient aussi d’inculquer aux
apprenants les différentes stratégies d’expression
(on ne sait pas un mot, on en utilise un autre ou on s’explique
différemment) afin que ces derniers atteignent l’autonomie
dont on a parlé précédemment. La langue n’est
plus seulement un outil de communication mais devient un outil d’apprentissage.
Un troisième point concerne l’aspect socioculturel, qui
est très présent dans l’enseignement de l’histoire,
et encore davantage si cette matière est enseignée en
L2. L’élève a l’occasion d’apprendre
comment les autres pensent, de prendre de la distance par rapport aux
mentalités et esprits nationalistes et par rapport aux stéréotypes
et représentations de l’autre ; il apprendra à se
décentrer, il ne faut pas oublier que l’histoire était
pendant longtemps un outil pour la construction du nationalisme ;
elle ne joue aujourd’hui évidemment plus ce rôle… La
discussion tourne finalement autour du terme « émotion ».
Certains pensent (Mehdi) qu’il faut vider l’histoire de
l’émotion, sortir de la sentimentalité, car souvent
l’émotion empêche les gens de prendre de la distance
vis à vis de la pensée nationaliste. D’autres pensent
(Pierre) qu’il peut être intéressant (du moins dans
une leçon introductive), mais ceci dépend du sujet abordé,
de provoquer ou solliciter des émotions chez les élèves.
D’autres encore (Christiane) pensent que l’enseignant doit
rester si possible neutre, mais qu’il ne faut pas oublier que
l’histoire est un vécu (exemple la bombe atomique sur
Tokyo). L’émotion peut donc être utile dans l’enseignement
de l’histoire mais on doit savoir prendre de la distance, non
pas pour la gommer mais pour permettre aux élèves de
prendre position. D’autre part, on l’a vu lors du débat
filmé (classe de Christiane) l’émotion permet aux élèves
de réagir de façon plus spontanée et parfois plus
passionnée.
Tous ces aspects sont bien spécifiques à cette discipline
et ils la distinguent clairement de l’ enseignement des sciences
exactes.
Question 2)
a) LES ATOUTS DE L’ENSEIGNEMENT BILINGUE POUR LA PROGRESSION DANS
LA DISCIPLINE :
Voici en résumé les différents points qui ont été abordés :
- Les élèves sont plus attentifs lorsque le cours
est donné en L2.
- Les élèves bilingues sont habitués à chercher
les informations nécessaires à l’aide de différentes
stratégies.
- Cet enseignement contribue à la formation de l’esprit
critique car l’enseignant insiste sur l’analyse et l’approfondissement.
- On creuse peut-être même davantage car le concept doit
absolument être compris.
- Différents points de vue sont générés
par l’étude du matériel dans une autre langue.
- Les élèves apprennent à être plus
tolérants et à se décentrer ; cela ne reste
pas au niveau d’une lecture polysémique mais on doit
vraiment comprendre l’autre.
- Les élèves bilingues ont accès à du
matériel en L2 (ex : internet) auquel les autres élèves
sont privés. La langue devient un outil d’apprentissage.
b) LES PROBLEMES AMENES PAR L’ENSEIGNEMENT BILINGUE
EN CE QUI CONCERNE LA PROGRESSION DANS LA DISCIPLINE :
- Au début du cursus bilingue, la progression en L2 est plus
lente. Cependant, le programme n’est pas réduit car
les élèves rattrapent vite, étant généralement
plus motivés et plus enclins à apprendre que les élèves
de la filière non-bilingue.
- L’enseignant doit être très patient et beaucoup
encourager les élèves à s’exprimer. L’enseignement
par question – réponse ne favorise pas forcément
la formation de la compétence interactive de l’élève,
la contribution de ce dernier étant réduite dans ce
cas là à un mot ou une courte phrase.
- L’enseignant doit doser subtilement les corrections de la
langue. Concernant l’écrit, il renonce à pénaliser
les fautes de langue dans un premier temps. Certains enseignants
suggèrent la correction écrite en deux couleurs afin
de distinguer entre la langue et le contenu. Les corrections au niveau
de la langue ou les explications grammaticales peuvent aussi demander
un peu plus de temps.
Question 3)
LES Effets de l’enseignement bilingue sur l’organisation
de l’interaction en classe. l’enseignement bilingue nous
oblige-t-il a travailler différemment que dans l’enseignement
traditionnel ?
L’enseignement bilingue nous oblige effectivement à travailler
différemment et cette nouvelle didactique pourrait même
enrichir l’enseignement traditionnel sur le plan méthodologique
et didactique :
- L’enseignant doit choisir avec beaucoup d’attention
et de discernement ses outils de travail, qui doivent être
bien adaptés au niveau linguistique des élèves
afin de ne pas les décourager.
- L’enseignant doit sans cesse encourager les élèves
pour les faire avancer en L2 : Il doit absolument aider l’élève à vaincre
ses doutes, sa peur initiale à s’exprimer en L2.
- Il doit aider l’élève à trouver une
méthode de travail et une sorte d’autonomie.
- Quand les ressources linguistiques de l’élève
sont insuffisantes, ce dernier doit apprendre à reformuler, à poser
des questions. L’enseignant peut aussi faire du travail sur
la langue à proprement parler, clarifier une notion, redéfinir
un terme, un concept, faire reformuler l’élève
etc. L’enseignement de la matière restera ainsi moins
superficiel.
- Il faut que l’enseignant ait un discours clair et un vocabulaire
bien choisi. Ceci a aussi un effet psychologique : si l’enseignant
est bien structuré et clair dans son cours, le travail des élèves
est facilité et aussi plus rassurant.
- Il est important que l’enseignant varie son enseignement
et qu’il construise son cours autour de différents documents
(écrits, audio et visuels) qui donneront des éclairages
différents du concept.
- L’enseignant d’une DNL devrait aider les élèves à participer
activement : il devrait leur donner la possibilité de
s’exprimer librement autour de documents écrits (textes
source) ou d’images (photo, caricature, carte géographique
etc.) afin qu’il améliore sa capacité linguistique.
Quelques exemples intéressants ont été montrés
dans le cadre de l’atelier d’histoire du jeudi après-midi.
- L’enseignant devrait également encourager le travail
en groupe où l’interaction entre les élèves
se passe en L2, à faire spontanément des exposés
ou à apprendre aux élèves à débattre
en L2 tel que nous l’avons vu dans la séquence filmée
de la leçon d’histoire de Christiane. L’exemple
a bien démontré que si les élèves s’investissent émotionnellement
dans le débat, ils oublient non seulement que cela se passe
en L2 mais aussi qu’il s’agit d’une situation scolaire.
L’interaction entre les élèves devient authentique
et vraie, comme nous l’avons dit plus haut et la présence
du maître n’est presque plus nécessaire.
- Il est aussi relevé que l’histoire ne se prête
pas à la catégorisation. Le vocabulaire touche tous
les domaines. Cependant, l’enseignant peut mettre à disposition
des élèves un lexique de vocabulaire de base. Un exemple
en a été donné par Christiane lors de son atelier
d’histoire.
Question 4)
L’enseignement bilingue favorise-t-il la mise en place de stratégies
stimulant l’acquisition des connaissances ?
LE RETOUR/ L’EFFET SUR L’ELEVE DE CETTE DIDACTIQUE
BILINGUE :
Toutes ces bonnes intentions de l’enseignant en DNL ne peuvent
avoir qu’un effet positif sur l’élève et
le stimuler dans son apprentissage:
- A travers l’enseignement bilingue, l’élève
apprend deux choses en même temps, une matière et une
L2. Ceci est ressenti comme une forte motivation.
- Les cours sont souvent plus diversifiés, l’enseignant
devant étoffer son discours par des documents divers.
- L’enseignement frontal et la transmission de savoir pur est
plus rare, voire impossible en filière bilingue car l’enseignant/e
doit s’assurer que l’élève suive et comprenne
de manière interactive.
- L’élève a pris de l’autonomie dans son
travail : dans l’étude de textes source par exemple,
il est habitué à repérer les informations les
plus importantes, à faire le tri, à ne plus se bloquer à cause
d’un mot inconnu en L2 ; il est plus habitué à être
synthétique et apprend à se corriger soi-même.
- L’enseignement étant en L2, l’élève
est plus motivé à s’assurer qu’il a bien
compris. Il posera davantage de questions que dans un cours traditionnel.
B) RAPPORT de l’atelier de biologie
Pays représentés : la Bulgarie /Galina
BETCHEVA/ , la Hongrie /Renaud HEINE/, la Pologne /Magdalena…,
Marek ….., Zuzanna …. – je m’excuse je
n’arrive pas à déchiffrer leurs noms/, la France
/Jean DUVERGER/
Les mots-clés de l’atelier : alternance,
bénéfique, réciprocité, efficacité
On a commencé par un état des lieux de l’enseignement
des DNL dans chacun des pays, notamment l’enseignement
de la biologie, permettant de mieux situer et mieux évaluer
l’impact réciproque des DNL et de la langue étrangère
En Bulgarie : Dans les lycées à profil bilingue
l’enseignement bilingue de la biologie commence à partir
de la 1ère année après l’année à enseignement
intensif du français / en classe de 9ème/ et suit le
contenu prévu dans le programme scolaire. Avant cela, encore
pendant le II-ème semestre de 8ème se fait une immersion
dans la matière et la spécificité de son lexique à l’aide
de petits textes.
Il n’y a pas d’heures supplémentaires pour remédier
au retard initial dans le rythme de la progression
En Hongrie / le lycée de Aszod/: Les 2 premières
années on poursuit un travail en atelier où la L2 et
la discipline se partagent le terrain pour préparer à aborder
le contenu de biologie la 3ème année /10ème classe/.
Pour l’apprentissage de la L2 et les DNL la classe est divisée
en deux.
En Pologne /collège/: L’apprentissage de
la biologie en bilingue commence à partir de la 2ème
année du collège.
Les élèves des classes bilingues ont une heure de plus
par rapport à une classe monolingue.
La France : sections européennes à statut
plus différent – renforcement de la L2 en 4ème,
en 2ème – on fait une partie des disciplines avec 1 heure
de plus, souvent avec différents professeurs de différentes
langues.
Alternance
Dans les différents pays l’alternance des deux langues
se fait suivant l’objectif final de l’enseignement de la
matière. En Bulgarie – dans les cadres d’une
séquence en vue de la difficulté des concepts et des
connaissances à acquérir. Les 2 dernières années – en
L1 pour permettre aux élèves d’être compétitifs
aux examens d’entrée pour le supérieur. En Pologne – le
choix des textes est souvent en fonction de leur accessibilité linguistique
et leur correspondance aux programmes scolaires. En Hongrie /
la biologie est enseigné en bilingue à Aszod, mais pas
au lycée Kolscey/ - plutôt en français, mais les élèves
peuvent choisir l’épreuve de bac en biologie soit en français,
soit en hongrois en suivant un enseignement renforcé de biologie
en hongrois. Dans tous les cas les exigences des épreuves à passer
ne sont pas inférieures par rapport aux épreuves en monolingue
et les fautes de langue en L2 ne sont pas pénalisées
Impacts bénéfiques réciproques
/Les réflexions ne suivent pas tout à fait
la trame proposée/
L’enseignement des DNL avec son double objectif, d’une
part formatif /acquisition de connaissances de la matière respective/
et d’autre part communicatif /acquisition de la langue en vue d’un
type de communication précis, lié à une activité ou à un
besoin clairement identifiés/ permet des impacts très positifs
dans le concret et dans le général.
- Les élèves du bilingue /souvent sélectionnés
au préalable/ sont plus motivés et obtiennent de meilleurs
résultats
- Ces élèves emploient plus de stratégies métacognitives
- Les élèves arrivent à mieux perfectionner
les capacités de mémorisation, de construction active
des savoirs, acquièrent des compétences transposables
et transversales et apprennent à traiter avec une précision
maximale notions, définitions et concepts, souvent négligée
en L1
- Travaillant en langue étrangère qu’ils ne
maitrisent pas encore très bien, les élèves
ne peuvent pas se cacher derrière des phrases pour ne rien
dire, derrière un « bla-bla » qui ne
servirait qu’à cacher un manque de savoirs. Ils sont
amenés à faire tout le temps des choix – dans
la compréhension, dans l’apprentissage, dans la structuration
de leur présentation. Il en de même pour les professeurs – pour
se faire mieux comprendre et pour remédier au rythme de progression
plus lent au début, ils doivent avoir un discours clair /mais
pas simpliste/, structurée autour de l’essentiel et
cohérent
- Les professeurs venus de l’étranger /quand c’est
le cas/ et les professeurs de DNL /souvent mieux formés et
mieux qualifiés, puisque confrontés à d’autres
approches didactiques et méthodiques/ viennent en classe bilingue
avec leur outillage pédagogique innovante et ce n’est
que extrêmement bénéfique pour les élèves
- Les relations entre les professeurs de DNL et les professeurs
de L2 ont un impact positif mutuel car ceux-ci connaitront
le discours de leur collègue de DNL et profiteront de différentes
activités proposées en DNL
- Le travail en classe, soit parce que la classe est divisée
en deux / le cas de la Hongrie/, soit parce que les élèves
travaillent souvent en petits groupes ou en plus grande autonomie
/la Pologne, la Bulgarie/ rend l’interaction plus diverse et
plus active.
Conclusion générale :
Les apprenants des classes bilingues se trouvent assez souvent dans
des situations inhabituelles / apprendre des matières en une
langue étrangère qui n’est pas celle du pays
où l’on habite en est une par excellence/. Pour
surmonter la barrière langagière ils développent
des stratégies d’apprentissage /de survie, de « rattrapage »/
qui leur permettent de les appliquer plus tard dans leurs projets
personnels et professionnels. Et même si le lien n’est
peut-être pas directement observable, l’apprentissage
bilingue pourrait expliquer en grande partie l’excellente réalisation
professionnelle de ces élèves. /La longue expérience
de la Bulgarie, plus de 50 ans, dans le domaine de l’enseignement
bilingue le prouve d’une manière incontestable./
C) Rapport de l’atelier groupe de physiciens
Présents : Tibor DANIEL , Hongrie, Anton MOLNAR, Roumanie,
Anisor PARVU, Roumanie, Thiara CAMAR, Hongrie, Romain SIMEANT, France
- Impact sur la physique
Les élèves se concentrent mieux que si c’était
en hongrois.
La progression est la même que dans les autres classes.
Grâce à l’année zéro en Hongrie,
ils apprennent le vocabulaire spécifique , l’année
zéro est indispensable.
En Roumanie, le laboratoire est donné en petits groupes, ils
ont le temps de comprendre les phénomènes physiques
en français.
- Impact sur la langue
- La préparation au vocabulaire spécifique et nécessaire,
car les langues hongroise et fran4aise sont très éloignées.
Le roumain est plus proche du français, c’est pourquoi
l’année zéro ne semble pas nécessaire
en Roumanie
- Les élèves retirent un grand profit sur le lexique
et les structures à la fois en compréhension et en
production.
- Les aspects socio-culturels sur l’histoire des sciences et
les organismes scientifiques tels que le CNRS ou le CERN, ou le Palais
de la Découverte sont apportés en particulier au
cours de l’année zéro.
- Interactions en classe
- Intervention des élèves fréquentes, les connaissances
antérieures sont vérifiées et des méthodes
interactives sont employées.
- Les élèves débattent entre eux en français.
- Développement cognitif
Les divers contenus et concepts sont-ils plus transparents en hongrois
ouen français ? Cela dépend de l’âge
et du niveau linguistique.
Ce domaine demande à être observé plus finement.
Pour le groupe de physique, le 2 avril 2007:
Annie Fayolle Dietl
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