4. Quatrième
session de formation, Genève,
les jeudi 2 et vendredi 3 novembre 2006
« COMPETENCE DE COMMUNICATION
ET
COMPETENCE BI-PLURILINGUE »
VUE D’ENSEMBLE
Six sessions de formation à Genève (3),
Sofia (1), Varsovie (1) et Budapest (1), conduites par des experts
suisses, bulgares, hongrois et polonais, aboutiront à la formalisation
de standards de qualité en matière d’apprentissage
bilingue en Lycées, Gymnases et Sections bilingues. Cette
construction sera d’utilité pratique immédiate
pour les praticiens de l’enseignement; sa formalisation théorique
conduira à une publication de stratégies innovantes.
Un des atouts reconnus de l’enseignement bilingue consiste en
un développement rapide de la compétence de communication.
Comprendre ce développement – et l’optimiser encore – exige
une description précise de la notion de compétence de communication,
comprise de façon variable dans les milieux pédagogiques
et scientifiques. De même, communiquer das une seconde langue suppose
la mise en place d’une compétence bilingue, à l fois
objectif et moyen d’apprentissage. Là aussi, une description
précise s’impose pour une gestion optimale de la classe
et une évaluation appropriée des productions des élèves.
La première Journée ciblera la notion de compétence
de communication, alors que la seconde traitera de la compétence
bi-plurilingue. L’après-midi, des ateliers sont prévus
autour, d’une part, de l’analyse de données concrètes
issues de différents terrains, et, d’autre part, de la présentation
de méthodes et parcours pédagogiques.
Ce Cycle de formation en six sessions est un des axes du projet SCALA
transEurope. L’autre axe vise à produire un bilan
comparé d’apprentissages avec ou sans année 0.
AEDE
ASSOCIATION EUROPEENNE DES ENSEIGNANTS
( Section suisse )
Présidence et responsable du Cycle
Janine Bézaguet
CH 1219 Le Lignon
Lignon, 14
GENEVE
janine.bezaguet@bluewin.ch
Tél. 0041 ( 22 ) 796 88 17
Mobile : 0041 ( 76 ) 369 12 70
LE PROGRAMME
Présidence de séance : Laurent Gajo, professeur,
Université de Genève
Atelier 1 ( Laurent Gajo )
Présentation et analyse de données issues du projet Construction
intégrée de savoirs
linguistiques et disciplinaires dans l’enseignement
bilingue au secondaire et au
tertiaire ( PNR 56, Laurent Gajo et collaborateurs )
Modératrice, chargée du rapport du groupe : Christine
Lofgren, coordinatrice
maturité bilingue, Genève, ( français-anglais)
Atelier 2 ( Nathalie Perquin-Iasnogorodski, ancienne
attachée de coopération
lingustique, Institut français de Sofia )
Présentation de l’outil PERLE, Parcours Educatif de
Recherche en Langue Etrangère
Méthodologie de travaux personnels encadrés ( Elaboration
bulgare )
Modératrice, chargée du rapport du groupe : Annie
Fayolle, Genève, formatrice
d’adultes
Présidence de séance : Laurent
Gajo
SYNTHESE
COMPETENCE DE COMMUNICATION
ET COMPETENCE BI-/PLURILINGUE
VUE D’ENSEMBLE
Six sessions de formation à Genève (3), Sofia (1),
Varsovie (1) et Budapest (1), conduites par des experts suisses,
bulgares, hongrois et polonais, aboutiront à la formalisation
de standards de qualité en matière d’apprentissage
bilingue en Lycées, Gymnases et Sections bilingues. Cette
construction sera d’utilité pratique immédiate
pour les praticiens de l’enseignement; sa formalisation théorique
conduira à une publication de stratégies innovantes.
Un des atouts reconnus de l’enseignement bilingue
consiste en un développement rapide de la compétence
de communication. Comprendre ce développement – et l’optimiser
encore – exige une description précise de la notion
de compétence de communication, comprise de façon variable
dans les milieux pédagogiques et scientifiques. De même,
communiquer dans une seconde langue suppose la mise en place d’une
compétence bilingue, à la fois objectif et moyen d’apprentissage.
Là aussi, une description précise s’impose pour
une gestion optimale de la classe et une évaluation appropriée
des productions des élèves. La première Journée a
ciblé la notion de compétence de communication, alors
que la seconde a traité de la compétence bi-/plurilingue.
L’après-midi, des ateliers ont été prévus
autour, d’une part, de l’analyse de données concrètes
issues de différents terrains, et, d’autre part, de
la présentation de méthodes et parcours pédagogiques.
En un mot, l’apprentissage bilingue véhicule une
double compétence très spécifique, l’une
communicative, l’autre bi-plurilingue. La session de Genève
a identifié cette double compétence.
Ce Cycle de formation en six sessions est un des axes du projet SCALA
transEurope. L’autre axe vise à produire un bilan
comparé d’apprentissages avec ou sans année 0.
LE CADRE
Le Cycle de formation SCALA transEurope est à mi-parcours :
- Débuté les 13/14 octobre 2005 à Sofia,
il va se conclure à Genève, l’automne 2007
- Trois
sessions se sont déroulées cette année
2006 : l’une à Genève les 2 et 3 mars,
une deuxième, à Varsovie, les 11 et 12 mai et la
troisième à Genève, les 2 et 3 novembre
- L’acquis des trois premières sessions est important,
il va falloir penser à diffuser cet acquis
- C’est donc le bon moment de faire un premier bilan et, surtout,
de préparer, peu à peu, la finalisation de notre
cycle de formation.
Le libellé général de notre Cycle de formation
est « Stratégies innovantes et standards de qualité pour
l’apprentissage bilingue en Europe ». Ce libellé ambitieux
s’inscrit dans un contexte européen en mouvement :
- Les terrains d’Europe bougent. L’éducation
bouge. L’apprentissage bilingue bouge en Europe. En
définir les standards de qualité correspond à une
attitude responsable. Cette attitude vise à définir
les indicateurs d’une évolution didactique dont la
montée en puissance, en 20 ans, est impressionnante
- Partout
en Europe, l’apprentissage bilingue se fait conquérant.
Des cohortes de jeunes Européens sortent de systèmes
bilingues, non seulement ils se font les avocats ardents et réels
de cette innovation, mais ils façonnent l’Europe de
demain, plurilingue et pluriculturelle
- La diversité est le mot-clé. A Sofia, à Genève, à Varsovie,
l’évidence aura frappé tous les acteurs de Scala
transEurope. Il y a diversité en tout : dans les
terrains, dans les âges, en évaluation, en didactique,
en formation initiale et continuée des enseignants. C’est cette
diversité qui nous intéresse, car elle permet de
partir du réel, des terrains, de nos Etablissements scolaires.
La complexité est notre champ
- En mouvement, la Suisse l’est aussi cette fin de mois de
novembre 2006, car vous entendrez parler de referendum populaire
suisse du 26 novembre prochain, dit du « milliard » de
francs suisses pour l’Europe centrale et orientale. Décision
prise par les deux Parlements suisses en direction d’un appui
aux systèmes sociaux et démocratiques, au respect
des droits de l’homme, au renforcement de l ‘Espace
Schengen , décision contestée par un courant de repli
identitaire populiste. Le peuple suisse en décidera à la
fin de ce mois.
- Nous, à SCALA transEurope, nous n’hésitons
pas
- notre entrée en Europe repose sur des Accords bilatéraux ;
une coopération avec les nouveaux pays émergents
s’impose nécessairement
- ce partenariat valorise note position en Europe, en Europe
centrale et orientale
- mais ce partenariat valorise en Europe occidentale le grand
acquis bulgare, polonais et hongrois en matière d’apprentissage
bilingue, en Bulgarie depuis 1951 déjà
- notre échange à SCALA transEurope est
vraiment bilatéral. Personne ne vient les mains vides,
personne ne vient les mains pleines.
C’est dans le cadre de cette Suisse en mouvement que nous remercions
deux Organisations, l’une, privée, l’autre, publique,
de soutenir financièrement notre projet. J’ai parlé de
la Fondation Henri Moser et de Présence suisse,
l’organisation du Ministère des Affaires étrangères
suisses chargée de valoriser la Suisse dans le monde.
C’est dans ce cadre aussi que nous nous félicitons de pouvoir
compter sur la collaboration d’animateurs de qualité et
que nous remercions vivement, Sylvain Rudaz, Patrick Guyotot et Laurent
Gajo, de Genève et Lyon.
Au milieu du gué, en vol d’altitude de notre projet, douze
mois après l’envol, et douze mois avant l’atterrissage,
il convient de définir nos socles communs, car ils sont forts,
et il convient d’envisager la valorisation de nos acquis pour ne
pas nous confiner dans une tour d’ivoire.
SOCLES
COMMUNS EN EUROPE
Les acquis sont triples :
- Il y a une évaluation spécifique de l’apprentissage
bilingue : à Varsovie, on a passé d’une
pratique intuitive de l’évaluation à une pratique
réfléchie, et, de manière plus générale,
de l’empirisme à la formalisation. Premier acquis
de SCALA transEurope.
- Il y a une didactique spécifique de l’apprentissage
bilingue aussi. Un socle commun émerge de cette diversité européenne,
prend forme, visant à des modèles de plus en plus
intégrés. Ce fut l’apport de Genève,
en mars dernier
- Enfin, il y a une formation spécifique des enseignants
en apprentissage bilingue, avons –nous vu à Varsovie.
La formation mutualiste, horizontale, entre collègues, s’étend
désormais à des formations qui s’instrument
et s’institutionnalisent. De débutante, elle se professionnalise,
elle se systématise.
Certes, l’image que nous avons de l’Europe de l’apprentissage
bilingue relève-t-elle davantage du puzzle que du réseau,
mais SCALA transEurope, avec ses moyens, contribue à un
progressif glissement du puzzle vers un réseau.
Aujourd’hui, à Genève, c’est un axe majeur
de l’apprentissage que nous allons tenter d’identifier :
qu’est-ce que la compétence de communication, cette compétence
de communication si prônée, si recherchée, si valorisée
par l’apprentissage bilingue ? Communiquer dans une seconde
langue est-il un moyen ou un but ? Communiquer dans plusieurs langues
ne supplante-t-il pas ce premier objectif, peu à peu ?
Pour dire bref, y a-t-il une communication bi- et plurilingue spécifique
sur le front de l’apprentissage des langues en Europe ?
Et qu’est-ce que cette compétence bi- et plurilingue, dont
parlait Marisa Cavalli à Varsovie déjà ? Enfin, à Budapest,
les 8 et 9 mars prochains, c’est sur un terrain central du
programme scolaire que nous allons braquer nos réflecteurs :
en quoi l’apprentissage de DNL est-il le plus pertinent des apprentissages ?
Enfin, à Genève, l’automne prochain, nous analyserons
un axe qui, venu de l’Est, nous a paru la plus originale de vos
stratégies : l’année préparatoire dite,
année 0. Ce détour intensif est-il une alternative éducative
porteuse ? Et à quelles conditions ? Cette innovation
nous intéresse, nous, Suisses. Nous allons la valoriser dès
l’automne prochain. Vous savez que c’est là le deuxième
axe de SCALA transEurope, l’axe de recherche comparée,
qui se surajoute à l’axe de formation des sessions de notre
Cycle.
COMPETENCE
DE COMMUNICATION
La session de Genève des 2 et 3 novembre 2006 a donc contribué à analyser, à identifier
et à isoler les compétences, dites, de communication, ainsi
que les compétences bi- et biplurilingues de l’apprentissage
bilingue en Europe.
POUR DIRE COURT, LA COMPETENCE DE COMMUNICATION EST UN OBJET TOUT A
FAIT SPECIFIQUE DE L’APPRENTISSAGE BILINGUE. Elle se distingue
de la compétence linguistique. Elle détermine la particularité et l’originalité de
l’apprentissage bilingue.
La compétence de communication a plusieurs composantes
Jolanta Zajac, Instytut Romanaiskyki de l’Université de
Varsovie, dans sa publication Du communicatif au discursif, distingue
divers contenus de la compétence de communication :
- Composante grammaticale
- Composante lexico-sémantique ( vocabulaire, catégories
lexicales )
- Composante sémantique, liée au contexte
- Composante encyclopédique, liée à l’interprétation
des contenus
- Composante stratégique ( choix de chemins de traverses,
plus indirects )
La compétence de communication met ces diverses composantes
en synergies ou en concurrence
Les composants grammaticales, lexicales et discursives sont à réhabiliter ;
la composante encyclopédique est une oubliée ; la
composante stratégique est à dompter. Le disciplines non
linguistiques, plus que les autres, sont de nature à stimuler
les compétences de communication.
Progressivité et alternance des stratégies
Cecilia Serra Stern, de l’Université de Genève,
a analysé la progressivité des stratégies de communication
en regard des obstacles linguistiques rencontrés. Du silence à la
production de commentaires, en passant par une non-compréhension
verbalisée, puis par une demande métalinguistique, puis
par l’analyse de structures syntaxiques, elle découvre une
progressivité de la L1 vers la L2, et une alternance des
stratégies retenues, selon les situations de communication rencontrées.
Pour aboutir à une stratégie de référence
stable, dès que la stratégie L2 est maîtrisée.
Chacun de ces moments est structurant, leur analyse et leur comparaison
est intéressante ( description, narration, juxtaposition, coordination,
subordination, discours direct / indirect ). Cette progressivité et
cette alternance des skills de communication est positive, elle fonde
l’apprentissage bilingue.
Compétence discursive
Pour Cecilia Serra Stern, la compétence discursive se
distribue sur trois champs :
- déclaratif : quoi ? ( savoir )
- procédural : comment ? ( savoir-faire )
- conditionnel : quand ? pourquoi ?
Approche dialogique
Anne Grobet, Université de Genève, étudie
l’approche dialogique de la communication, qui est multidimensionnelle.
Elle distingue trois processus de négociation en autant d’étapes :
- processus de proposition
- processus de réaction
- processus de ratification.
Dans tous les cas, est visé et recherché le double accord
liant les deux partenaires.
Ces approches se distribuent selon des champs :
- linguistiques
- émotionnels et référentiels
- textuels.
Dans tous les cas, s’imposera une double approche, combinée, à la
fois modulaire et expérientielle.
On ne sait encore pas très bien comment fonctionne la communication
L’apprentissage bilingue concourt-il au développement de
la communication ? On peut le penser. Mais ce n’est qu’un
présupposé, selon Laurent Gajo, Université de Genève. A
vrai dire, on ne sait encore pas bien comment cela fonctionne. Une approche
expérientielle conduit à constater :
- un énorme écart entre les quatre skills
- l’évident déficit de la compétence
sociolinguistique en société sauvage ( à la
gare, au magasin )
- la toute aussi évidente bonne compétence stratégique
( on communique au-delà de ses moyens ), et
- la fossilisation de ses acquis linguistiques ( on n’a plus
le souci d’améliorer son apprentissage bilingue )
Sortir de ses propres représentations
Le bilingue et le plurilingue ont un atout maître : ils astreignent
le sujet à sortir de son univers. On est trop fixé sur
son propre discours, on ne parle que de soi, et l’écran
de l’ordinateur accentue la tendance, selon Sylvain Rudaz,
de la DGPO du DIP Genève, lors de son allocution de bienvenue.
Entrer dans un discours autre, voir et entendre autre chose, franchir
ses propres barrières linguistiques, poser un effet-miroir à son
propre discours, provoquer un effet-balancier entre ses propres mots,
incertains, et ceux de l’autre, incompris, sortir de ses peurs,
en trébuchant, en répétant, sortir de ses propres
représentations, linguistiques, communicatives, interculturelles,
c’est là exercer une sorte de libération de soi .
Statut de la communication
Par les processus de communication engagés, le bilingue et le
plurilingue ont donc un atout culturel et éducatif au sens large,
selon Sylvain Rudaz. La communication a un statut tout particulier
dans l’apprentissage des langues. L’analyser, l’étudier,
l’évaluer, l’inscrire au processus de formation des
enseignants, l’introduire dans son enseignement, voilà qui,
couplée à la nécessaire maîtrise linguistique,
ne sera pas simple.
Elle est pourtant centrale. Elle est indispensable.
COMPETENCE BILINGUE
Une compétence unique qui gère du pluriel
Une compétence bilingue se définit en termes divers, selon
que l’on se référe à :
- une maîtrise, une reconnaissance sociale, du natif, par
exemple
- un performance, par l’usage réel , pour des raisons
variables
- une compétence, une capacité potentielle, selon
des circonstances conjoncturelles.
La compétence, selon Laurent Gajo, s’articule
toujours entre trois pôles :
- la tâche, qui est monolingue
- la compétence bilingue, qui est homogène et unique,
et
- le répertoire bilingue, qui est duel, hétérogène,
pluriel.
Bernard Py, Université de Neuchâtel, parlait d’une compétence
unique qui gère du pluriel .
Macro et microalternances, code swiching
La macroalternance linguistique est une rupture de contrat, elle rompt
avec la langue arrêtée comme dominante. Sa durée
peut être longue ou courte. Elle correspond à une restructuration
de la compétence bilingue en utilisant différents répertoires.
Peu perceptible, le plus souvent, considérée quasi naturelle,
elle est légitime dans plusieurs discours bilingues.
La microalternance est un recours provisoire, un retour temporaire à la
L1 qui permet à la communication de se faire et à la conversation
de progresser. Il y a donc changement provisoire de langues de communication
dominante, au changement de discipline, par exemple, ou à l‘interne
d’une même discipline.
Faut-il tolérer ces ruptures ? .
Non, il ne convient pas de rompre le contrat et de céder à la
macroalternance. Le projet et le contrat doivent être tenus fermement,
même si un élève a beaucoup de peine à progresser.
Aucun des deux partenaires n’abandonne la règle. Sous l’effet
de la tension ainsi exercée sur l’apprenant, son bilinguisme
progresse. La tension sera certes supportable, tolérable , mais
elle sera tenue. Le discours doit être clair pour les deux parties
tout au long du processus.
Oui, céder à la microalternance peut être constructif.
Un jeune migrant au contact de sa troisième langue, par exemple,
empruntera utilement ces chemins de traverse, et ainsi affinera
sa compétence bi- ou trilingue, qui reste une, même sur
des vocabulaires divers.
En résumé, si la compétence bilingue reste une,
les répertoires diffèreront, les pédagogies s’adapteront à la
présence sociale de la L2, à un éventuel rapport
conflictuel majorité/minorité, ou au caractère plus
ou moins précoce de l’apprentissage. Souvent mal perçu,
le code swiching est souvent utile, et donc tolérable, en microalternance.
Les pratiques pédagogiques se diversifieront en fonction d’une
telle analyse et toléreront donc les marques transcodiques.
Le discours Gajo sur l’apprentissage bilingue a assurément
instrumenté la réflexion sur l’enseignement bilingue,
son apprentissage et ses pratiques d’acquisition.
COMPETENCE
BI-/PLURILINGUE
L’analyse proposée par Marisa Cavalli, chercheure à l’Istituto
regionale di ricerca educativa, à Aoste (I), a contribué à instrumenter
notre réflexion sur le bilinguisme et son statut actuel, historique,
linguistique et politique.
L’apprentissage des langues, savoir en construction récente
Il y a peu , vers les années .60, un enseignement bilingue était
encore considéré sous un angle négatif ( atteinte à la
maîtrise de la langue maternelle, charabia, etc ). Dès les
années .60, un regard plus neutre fut porté sur de telles
innovations pédagogiques, puis, peu à peu, à la
faveur des résultats de Montréal, le regard se fit intéressé.
Dès les années 80, furent soulignés les aspects
positifs de l’apprentissage bilingue. Dés lors, s’ouvrit
le champ le plus significatif des innovations scolaires du XXe siècle,
en Europe. Ce bref retour en arrière n’est pas inutile,
il explique les hésitations, les dents de scie, les controverses
liées à la progression de tous les projets. Il explique
aussi les résidus de méthodes pédagogiques d’un
autre temps ( système additifs, L1 bannie en bilingue, etc )
Conférer ses lettres de noblesse à l’interlangue
Le passage d’une langue-source à une langue –cible
transite nécessairement par une zone intermédiaire regroupant
les connaissances intermédiaires en construction. Ce système
intermédiaire de construction s’élabore tout de suite,
c’est l’interlangue, notion qui ne repose pas sur un équilibre,
ni sur une compétence équilibrée. Elle ne repose
pas sur un concept de symétrie, mais sur un concept dynamique
de construction en mouvement. C’est un processus qui caractérise
une personne en marche. C’est ce processus qui est le sujet de
l’apprentissage, c’est ce processus qui est l’objet
de l’enseignement. A ce processus en mouvement, fugace, toujours
déséquilibré, sont à conférer les
lettres de noblesse de l’apprentissage bilingue. Reconnaissance
nouvelle et bien nécessaire pour quiconque veut comprendre le
processus.
Un encadrement politique européen
Trois langues à l’Ecole, la sienne, locale, une deuxième,
dite, de proximité, et une troisième de grande diffusion
internationale ; niveaux de compétences enfin objectivés
et différenciés selon le Cadre européen des
langues ; extension de cet apprentissage à tous les
enfants et non plus conféré à quelques-uns seulement ; introduction
des premier apprentissages très tôt, dès 4 ans et
ainsi contribuer à une meilleure réussite scolaire; échanges
de professeurs et élèves ; inscription de l’effort
bilingue dans un effort plurilingue ; conférer une
valeur de multiculturalisme à l’apprentissage des langues ;
inscription à ce processus des langues issues des cultures
migrantes ; élaboration de Guide pour l’élaboration
de politiques linguistiques et éducatives en Europe.
Le résultat saute aux yeux. S’il est une compétence
qui a monté en Europe, c’est bien la maîtrise
des langues. Tous les jeunes s’expriment beaucoup mieux en langues
vivantes que leurs parents et que leurs grands-parents. Associée à d’autre
courants, une volonté politique du Conseil de l’Europe
surtout – cf. : www.coe.int -
a réellement fait progresser le niveau de maîtrise des langues
en Europe.
De nouvelles approches s’annoncent très prometteuses
Y a-t-il d’autres approches que l’approche bilingue pour
enseigner les langues ?
Marisa Cavalli interroge l’enseignement bilingue et fait glisser
ses auditeurs du MONO, vers le BI, du BI vers le PLURI, et du PLURI vers
l’INTER. En voici quelques terrains de recherche en Europe :
Italie : Educatione linguistica, 1979 ( voir site de l’IRRE
)
La variation linguistique est le point de départ de l’enseignement ;
la langue est l’outil de communication, il convient de l ‘armer ;
ouverture aux répertoires langagiers de tous les apprenants ;
didactique intégrant les langues maternelles, les langues étrangères
et la langue de scolarisation.
Genève : Didactique intégrée des langues,
Roulet, 1980
Dans une optique interdisciplinaire, rationaliser et intégrer
curricula, disciplines, séquences didactiques et formation des
enseignants
Genève et Neuchâtel : Eveil aux langues ( Perregaux
)
Courant issu de Grande-Bretagne dès 1968 ( Hawkins )
Touts les langues « qui sont là « , reconnaissance
de la personne par la reconnaissance de sa langue, action de type interculturel
par la mise en évidence des spécificités linguistiques,
personnelles et culturelles.
Intercompréhension
Valorisation des compétences de compréhension au détriment
des autres compétences, faute de temps à l’Ecole.
Chacun parle sa langue est le but visé.
Avec – et avec /
Bi-/plurilingue : avec – et/ou avec
/ ? Le débat fut posé par Marisa Cavalli. Pour elle,
le tiret signifie le continuum nécessaire entre les actions de
type bi- et les actions de type plurilingue. Et donc le nécessaire
glissement d’une approche bi- vers une approche plus multi-.
Le trait oblique souligne la distinction historique à faire encore
entre ces deux approches. Le débat reste ouvert. Cette question
interroge SCALA transEurope. |