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Troisième session de formation, Varsovie, « Y A-T-IL UNE FORMATION,
INITIALE ET CONTINUE, SPECIFIQUE Modèles, théoriques et concrets, de formation CYCLE EUROPEEN DE FORMATION Six sessions de formation à Genève (3), Sofia (1), Varsovie (1) et Budapest (1), conduites par des experts suisses, bulgares, hongrois et polonais, aboutiront à la formalisation de standards de qualité en matière d’apprentissage bilingue en Lycées, Gymnases et Sections bilingues. Cette construction sera d’utilité pratique immédiate pour les praticiens de l’enseignement; sa formalisation théorique conduira à une publication de stratégies innovantes. La session de Varsovie des 11 et 12 mai 2006 sera consacrée à la spécificité de la Formation initiale et continue des enseignants, ainsi qu’à la spécificité des temps et des espaces en apprentissage bilingue. Accessoirement, sera complétée du regard polonais l’analyse didactique faite à Genève en février 2006. Ce Cycle de formation en six sessions est un des axes du projet SCALA transEurope. L’autre axe vise à produire un bilan comparé d’apprentissages avec ou sans année 0.
AEDE Janine Bézaguet LE PROGRAMME
Synthèse INITIALE OU CONTINUE , Rédaction CADRE Six sessions de formation à Genève (3), Sofia (1), Varsovie (1) et Budapest (1), conduites par des experts suisses, bulgares, hongrois, polonais et valdotains, aboutiront à la formalisation de standards de qualité en matière d’apprentissage bilingue en Lycées, Gymnases et Sections bilingues. Cette construction sera d’utilité pratique immédiate pour les praticiens de l’enseignement; sa formalisation théorique conduira à une publication de stratégies innovantes pour l’apprentissage bilingue en Europe. La session de Varsovie des 11 et 12 mai 2006 a analysé les modèles spécifiques et porteurs de formation des enseignants en enseignement bilingue en Europe, formation initiale et continue, théorique et pratique. Sa thématisation a été déterminée par le Comité SCALA transEurope. Ce Cycle de formation en six sessions est un des axes du projet SCALA transEurope. L’autre axe vise à produire un bilan comparé d’apprentissages avec ou sans année 0. BREVE VUE D’ENSEMBLE Consacrée à la formation, organisée par les partenaires polonais du projet, et singulièrement par M. Marek Zajac, Centre national de formation continue des enseignants, à Varsovie,
et malgré l’absence regrettée de nos partenaires
hongrois, empêchés, et de la présidente de l’AEDE
suisse, souffrante, la session de
Le professeur en Bilingue est un pionnier d’abord. La solitude a caractérisé son action dans les années 80/90. Aujourd’hui encore, les travaux l’ont montré, l’enseignant décide seul. En ce début du XXIe siècle, cette solitude est toutefois en train d’être mise en brèche par cinq mesures d’accompagnement de la pratique enseignante en Bilingue, soit cinq mesures de formation initiale et continue de ses acteurs :
Une formation spécifique est requise des enseignants en Bilingue. En Bulgarie, une formation linguistique de Formation initiale aboutit à un Diplôme d’études supérieur de la discipline enseignée, à un Certificat de la langue, à un Diplôme d’Etudes supérieures de 2e spécialité, à un Diplôme d’Etudes secondaires du Lycée bilingue, à un Diplôme équivalent au niveau B 2 du PEL. En Suisse, alors que la mention bilingue des Maturités suisses a été instituée en 1997, aucune formation spécifique n’est recensée, ni à l’Université, ni ailleurs. Mais tous les Cantons conduisent des formations à l’Eveil au langage. En Vallée d’Aoste, en appui des innovations décidées en Vallée d’Aoste, sont offertes des formations initiales visant à l’analyse des ses propres représentations et de ses élèves, à un remodelage du champs DNL, et conduisant à la recherche d’une vue holistique et systématisée. En Allemagne, en Alsace, sont offerts des cours de formation initiale. Résumé : La formation initiale en Europe est un champ largement ouvert.
UNE FORMATION MUTUALISEE A Genève, en secteur privé, un professeur est disponible , à l’Ecole, 44 heures par semaine, pour une co-formation entre enseignants. Dans le secteur public, 3 à 4 demi-journées par année, conduites par une coordinatrice, assurent un échange de bonnes pratiques enseignantes. En Pologne, s’exprime le besoin de contacts entre professeurs FLE d’anglais et de français. Et se multiplient les pratiques accompagnées, les échanges de savoir-faire, une mise en commun des stratégies, un entraînement mutuel, une valorisation de chacun, visant à donner confiance en ce que l’on fait avec les « enseignants qui sont là », et à concourir à une plus grande homogénéité de l’action. Cette formation est de type « bricolage artisanal ». Mais elle est et restera fondamentale dans la mesure où une mutualisation des pratiques répond aux besoins, ici et maintenant, de l’enseignant dans sa classe. Les acteurs de cette mutualisation sont les professeurs eux-mêmes.
UNE FORMATION INSTRUMENTALISEE Instrumentation par les sites Internet : Un moment fort de la Conférence fut l’initiative toute
récente présentée par Jean-Claude Hauptmann
de sites polonais de ressources francophones pour la classe, hébergés
sur le portail « Education » polonais : En Vallée d’Aoste, est prévu un portail d’éducation plurilingue. En Bulgarie, un Guide pratique pour professeurs en DNL est prévu sur CD, documents pédagogiques de stratégies à suivre par un enseignant. Cette instrumentation du professeur par Internet et par Guide pédagogiques concrets est un réel saut qualitatif dans l’appui donné à l’enseignant bilingue.
Instrumentation par les résultats de travaux de recherche Une autre instrumentation passe par la mise à disposition de travaux de recherches intéressants, supports à la formation. Plus de dix contributions ont alimenté ce chapitre. Un parcours de formation original peut se construire à partir : de résultats de recherche bulgares ( Bistra Stoimenova ) Par échanges avec la recherche, par engagements en recherches-actions, la formation trouve ici des supports précieux, car rendant les enseignants plus conscients de leur action. UNE FORMATION SYSTEMATISEE S’ajoute l’effort très réel des systèmes éducatifs à reconnaître, puis à systématiser, une formation originale des enseignants en bilingue : des réseaux sont mis en place En Pologne, sont institués des cours de FC disciplinaires ou interdisciplinaires, en grammaire, et en théâtre, par exemple. En Bulgarie, sont instituées des formation continue en enseignement bilingue. L’Ambassade forme des multiplicateurs. En Vallée d’Aoste, en accompagnement des réformes, sont offertes des formations à tous les niveaux de l’Enseignement, soit en pré-primaire, en primaire, en secondaire inférieur, et en secondaire supérieur. Professeurs natifs
L’appel à des professeurs « natifs », malgré sa simplicité, est une stratégie peu fréquente encore. A Genève, on emploie des professeurs natifs, on prévoit un partenariat d’échanges de professeurs entre Lycées suisses et berlinois, à statuts stables restés ancrés à leur Lycée d’origine. On propose aussi aux étudiants la poursuite d’un ou de deux semestres d’études gymnasiales dans le Lycée partenaire, avec des cours proposés par des professeurs natifs maîtrisant la langue naturellement, sans formation linguistique particulière, dont on fait ainsi l’économie. L’Ambassade de France diligente de nombreux lecteurs et lectrices de français dans le monde entier. Cette stratégie reste rare. Même en Suisse, Etat plurilingue, elle n’est pas instituée. Pourtant, elle semble facile à mettre en place. Très nombreux sont en effet les jeunes enseignants désireux de professer dans leur langue, une année au moins, dans un pays autre. Il y a là une stratégie européenne sous –développée à l’heure actuelle.
Partenariats extérieurs Un système particulièrement efficace s’avère être le partenariat des systèmes éducatifs locaux avec des forces extérieures en provenance d’Etats conduisant une politique de présence de leur langue nationale dans le monde. Le Goethes Institut pour l’Allemagne, le British Council en Angleterre, l’Ambassade d’Espagne, l’Ambassade de France et les Instituts français pour le français déploient une activité de présence très remarquée et appréciée en Pologne, en Hongrie et en Bulgarie, entre autres. Ces partenariats aboutissent à la mise en place de dispositifs de formations performants, les uns à l’interne du système éducatif local, d’autres à l’externe, par exemple par des stages de pratiques accompagnées en France, ou par des séminaires au CIEP, à Sèvres, sur divers aspects linguistiques ou didactiques de l’apprentissage bilingue.
Des temps et des espaces ad hoc L’horaire en unités de 50 minutes et l’architecture scolaire en classes de 25 élèves sont des contraintes que certains projets d’Ecoles bilingues tentent de modifier. C’est ainsi qu’à Genève, Ecole bi/plurilingue Moser, de statut privé, l’enseignement traditionnel en unités de temps et d’espaces est cassé au profit d’un enseignement formé de deux séquences très différentes. La première réunit en auditoire pendant 30 minutes trois classes d’élèves, soit 70 étudiants, en enseignement frontal préparé par trois professeurs + 1 assistant, sur le sujet du jour. Cette séquence se termine par la présentation du protocole des travaux attendus des élèves lors de la séquence suivante. D’une durée de 60 minute, cette seconde séquence disperse les élèves en Ateliers de 5 participants. Les professeurs circulent d’un Atelier à l’autre, pilotent, accompagnent, assistent, contrôlent, etc. Ce système de 90 minutes se répète quatre fois dans la Journée, sur quatre disciplines différentes. Le temps des « devoirs « est compris dans ce temps d’Ecole. La concertation entre professeurs est ainsi instituée. L’attention de l’élève ne se disperse plus selon l’horaire fractionné que l’on connaît. Le bâtiment est construit en fonction de cette idée pédagogique nouvelle organisant différemment les temps et les espaces de l’apprentissage bilingue.
UNE FORMATION Plusieurs systèmes éducatifs européens ne se contentent plus d’un modèle bilingue, car l’immigration ou l’attente de sociétés de plus en plus composites conduisent aujourd’hui à un apprentissage plurilingue en place de l’apprentissage bilingue : La Vallée d’Aoste conduit un projet dit bi-plurilingue,
s’ouvre ainsi au plurilinguisme tout en confirmant son statut politique
bilingue de cette Région francophone d’Italie
Telle est la situation aujourd’hui, à notre connaissance, à l’issue
de la 3e Conférence du Cycle européen. En résumé, un puzzle construit émerge sous nos yeux en Europe : à une formation initiale plus spécifique, à une précieuse mutualisation interpersonnelle des pratiques de formation, s’ajoutent des procédures nouvelles de véritables formations, initiales et continues, soutenues par une instrumentation de ces pratiques, issues de la Technologie et de la Recherche, leur systématisation par les Ministères des politiques de formation bilingue, ainsi que par une mise en perspective actualisée de la formation bilingue vers une formation plurilingue. Ne pas perturber la voie toujours centrale de formation mutualisée, mais, avec elle, se greffant à elle, construire des actions plus instrumentalisées plus systématisées, et actualisées, telle semble être la ligne de force émergeant de travaux de Varsovie. Tel semble être l’indicateur de qualité versé au dossier d’ensemble du Cycle européen de formation conduite en 2005-07 par SCALA transEurope. (Varsovie et Neuchâtel, le 30 mai 2006, jat ) |