1. Première
session de formation Les acteurs suisses Janine Bezaguet,présidente, Partenaires bulgares rencontrés Direction du Lycée Lamartine Vue d’ensemble de la formation Cette première session de formation, consacrée aux problèmes d’évaluation, a rassemblé une vingtaine d’enseignants de sept établissements bilingues de Sofia, deux partenaires polonais et quelques personnes intéressées venant de centres de formation et de l’Université de Sofia. Au terme de ce séminaire, dont les formateurs établiront un rapport détaillé, l’AEDE peut se féliciter. Les participant(e)s ont fait preuve, sur des approches parfois pointues, d’une grande qualité d’écoute et d’une bonne volonté manifeste dans la mise à la tâche. La présence a été très régulière en dépit des difficultés engendrées par les absences auprès des élèves. Quant aux deux intervenants, il faut relever leur professionnalisme et leur gros investissement dans la préparation du séminaire. A quoi, il convient d’ajouter leur complémentarité parfaite dans la co-animation et leur aptitude à recadrer le débat devant les doutes et les craintes des formés. La grande diversité des systèmes d’évaluation dans quatre pays (Bulgarie, Pologne, suisse, France ) n’a pas en effet, facilité leur tâche. On ne peut donc qu’être satisfait des remarques finales des participant (e)s qui ont largement fait part de l’intérêt et du bénéfice qu’ils avaient retirés de l’apport de ces deux journées. Une mention particulière également au lycée Lamartine,et plus particulièrement à Maria Benova et Gallina Betcheva, pour la mise à disposition des locaux et l’organisation matérielle et logistique du séminaire. Satisfaction de voir notre projet passer de sa phase prospective à sa phase opérationnelle. Genève, le 25 octobre 2005, Janine Bezaguet, chargée de l’organisation des sessions de formation. EVALUATION DU SEMINAIRE INTRODUCTION La formation des enseignants bulgares bilingues portait sur l’évaluation, et en partie dans une perspective bilingue. Nous avons donc réalisé un programme de formation destiné à aborder les problèmes d’évaluation de manière ouverte, en nous appuyant sur une quadruple perspective : développement cognitif, aspects cliniques, philosophie et didactique. Ce programme très dense a été construit sur la base de nos expériences et de nos pratiques de formation dans le canton de Genève et à Lyon en particulier. Il était également conçu de manière à ce que des ajustements instantanés puissent être réalisés en fonction des demandes des participants. Plusieurs indicateurs nous ont amené, au moment-même de la formation, à réaliser que sa trop grande densité et qu’une relative inadéquation avec des pratiques spécifiques aux écoles bulgares bilingues ne nous permettaient pas d’atteindre les objectifs que nous nous étions fixés pour cette formation. Ce sont les raisons pour lesquelles plusieurs modifications et ajustements ont reformaté le programme : tous ces éléments seront mentionnés dans nos commentaires ci-après. Pour réaliser ce commentaire critique de la formation, nous avons choisi de reprendre le programme et d’y insérer des espaces d’analyse. ««Sylvain Rudaz»» & Patrick Guyotot Juin 2005 JEUDI MATIN Prévision
Un élève rate presque systématiquement les petits contrôles et épreuves intermédiaires qui lui sont proposés, mais réussit l’examen final. Il n’est pas promu malgré tout… La tâche : Il vous est demandé de discuter des enjeux de cette situation particulière à travers quatre regards différents :
««Sylvain Rudaz»» & Patrick Guyotot Formation : l’évaluation Il n’y a pas de « bonnes réponses ». Ce qui est attendu ici est le recueil du point de vue du groupe sur ces questions, et la compétence à utiliser différents champs théoriques pour observer un même objet. Consignes procédures : Vous pouvez analyser la situation du point de vue de l’élève, de la classe, de l’enseignant, de la famille, de l’institution scolaire, des enjeux sociaux… ANALYSE La situation prévue ne correspondait pas à une réalité possible des lycées bilingues de Bulgarie et Hongrie. Les modalités d’évaluation ne mettent en effet jamais un élève dans une situation d’échec aussi radicale que celle que nous décrivions. La stratégie est même si différente que nous avons dû la modifier en proposant aux enseignants de réfléchir, après une brève présentation des systèmes éducatifs suisse, français, bulgare et hongrois, à une comparaison des enjeux et valeurs implicites liés aux procédures de passage au niveau supérieur. Le contenu des apports théoriques et les objectifs de la matinée ont été maintenus malgré tout. Les débats ont été riches et fructueux au sein des petits groupes, plus difficiles lors de la restitution collective. Plusieurs hypothèses peuvent expliquer ce phénomène :
Ces éléments ont été pris en compte dans la suite de la formation. Nous avions fait le choix de rendre immédiatement actifs les maîtres participant au séminaire, de façon à éviter une posture frontale trop propice à susciter une posture passive et d’écoute dégressive. Il est probable que cette approche ait surpris les maîtres et
ces derniers, peu habituer à s’exprimer de manière
critique et instinctive, semblaient rester un peu sur ««Sylvain Rudaz»» & Patrick Guyotot Juin 2005 Formation : l’évaluation JEUDI APRES-MIDI Prévision 1. Contenus La tâche : Il vous est demandé de produire une grille de correction, qui puisse être distribuée à différents correcteurs, dans le cas d’une épreuve commune par exemple. Critères de réussite : La grille fournie devrait permettre de limiter les écarts entre
différents correcteurs. Consignes procédures : Vous pouvez réfléchir aux critères de réussite, aux critères de réalisation, au barème, à la distinction entre le processus et le produit (la démarche et le résultat), présenter sous forme de tableau ou de consignes rédigées… ANALYSE Le début de l’après-midi a été consacré à la poursuite du travail du matin : les questions d’éthique et de psychologie cognitive n’ayant pas pu être abordées par manque de temps. Le travail de correction de copies d’élèves proposé a été apprécié par les enseignants. Il a réellement permis de soulever l’ensemble des questions relatives ««Sylvain Rudaz»» & Patrick Guyotot Juin 2005 Formation : l’évaluation aux critères de correction, à la notation des épreuves, à la distinction entre la tâche et l’objectif ainsi que celle entre performances et compétences. Là encore, il a été nécessaire d’adapter la situation aux réalités locales, le résumé de texte n’étant pas au programme des cours de français en Bulgarie. Nous avons donc proposé que la correction ne porte que sur la réponse aux questions de compréhension du texte. Les enseignants ont apprécié la modalité de travail et les contenus abordés. Ce temps de clarification et de stabilisation terminologique était nécessaire. Il a été demandé aux enseignants d’apporter, pour la deuxième journée, des travaux d’élèves, des épreuves, vierges, corrigées, des grilles, des barèmes afin de travailler à partir de leurs propres pratiques pédagogiques sur les disciplines non linguistiques. Un petit temps de régulation a permis de mettre en évidence
que la question du bilinguisme se posait différemment dans les
cours de français que dans les DNL. ««Sylvain Rudaz»» & Patrick Guyotot Juin 2005 Formation : l’évaluation VENDREDI MATIN Prévision 1. Contenus 2. Consignes Vous avez apporté des copies d’élèves, des travaux corrigés, des épreuves vierges, des grilles, des barèmes liés à une discipline autre que le français. La tâche : Il vous est demandé de répondre aux six questions suivantes : Qu’est-ce que ce document permet d’évaluer ? 2. Noter sur une feuille toutes les questions que vous vous posez et
qui restent sans réponse, où demandent des éclaircissements. La tâche sera réussie si, à l’issue de ce travail, vous avez mis en évidence les difficultés d’évaluation inhérentes au bilinguisme : quels obstacles supplémentaires l’enseignement en français impose-t-il au correcteur ? Consignes procédures : Vous pouvez partir de vos pratiques actuelles en la matière et les confronter aux éléments déjà abordés la veille. La restitution se fera par le biais d’un rapporteur pour chaque groupe. ««Sylvain Rudaz»» & Patrick Guyotot Juin 2005 Formation : l’évaluation ANALYSE Comme prévu la veille, le groupe a donc été partagé en deux. Les enseignants de français ont travaillé avec M Rudaz, ceux des autres disciplines avec M Guyotot. Groupe des enseignants avec P Guyotot : Il vous est demandé de construire une épreuve qui corresponde à l’ensemble des critères d’une évaluation formative pertinente. Critères de réussite : La tâche sera réussie si, à l’issue de ce travail, vous avez le sentiment que vous avez sensiblement amélioré le dispositif, et que l’épreuve :
Consignes procédures : Il est probablement plus aisé de chercher à améliorer un document existant (il suffit parfois de modifier quelques détails) plutôt que de repartir à zéro. Les disciplines représentées étaient l’histoire, la géographie et la biologie. Le travail proposé, outre les questions liées à l’évaluation a permis de travailler sur les changements de paradigme disciplinaire dans ces matières. Les modalités d’évaluation dépendent en effet très largement de la conception choisie de l’enseignement d’une discipline. Si le travail n’a pas entièrement abouti à la construction d’une séance en cohérence avec ce changement, il a permis d’avancer de manière significative dans la compréhension d’une approche conceptuelle en opposition à l’enseignement de faits. La question qui reste posée est de savoir si l’enseignement de ces disciplines n’est pas qu’un prétexte à travailler encore un peu la maîtrise du français… ««Sylvain Rudaz»» & Patrick Guyotot Juin 2005 Formation : l’évaluation Groupe des enseignants avec S. Rudaz : La demande des maîtres pour ce travail de groupe différencié était très claire : A partir des programmes officiels, qui décrivent les objectifs
généraux et leurs déclinaisons en objectifs opérationnels,
il s’agissait de créer les opérations suivantes,
Cette activité a été, semble-t-il, particulièrement appréciée des maîtres présents, et ce vraisemblablement en raison de l’écho qu’elle a rencontré dans la pratique immédiate de ces derniers. En effet, certaines lacunes émaillent les plans d’études officiels des maîtres, et rendent leur travail d’opérationnalisation parfois difficile, notamment parce que la marge d’interprétation et les variable subjectives sont relativement importantes. Le travail de transformation (il s’agissait naturellement d’une ébauche) des différents niveaux du plan d’études a donc rencontré un écho favorable et cette activité m’a paru particulièrement efficace. VENDREDI APRES-MIDI Prévision 1. Contenus Métacognition, métarégulation et statut de l’erreur. ANALYSE Le début de la demi-journée a été consacré à la poursuite des travaux entamés le matin. La conférence conclusive a permis de resituer l’évaluation formative sous l’angle des travaux actuels portants sur la cognition, la métacognition, la régulation et la méta régulation. Ces apports théoriques, bien que difficiles d’accès, ont été appréciés par les enseignants. ««Sylvain Rudaz»» & Patrick Guyotot Juin 2005 Formation : l’évaluation CONCLUSION L’évaluation du séminaire a consisté en une
prise de parole libre des enseignants.
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