Revue de presse UN AIGUILLON POUR L’ENSEIGNEMENT BILINGUE
EN SUISSE L’enseignement bilingue existe, en Suisse, où il gagne
peu à peu du terrain, mais il est encore peu connu. A Genève,
il s’est implanté, au début des années 90, à l’école
Moser,qui l’a rapidement généralisé ainsi
que dans un établissement public,à l’initiative d’une
enseignante dynamique. Ces expériences ont joué le
rôle de pionnières dans le domaine. Aujourd’hui, dans
l’enseignement public, quatre collèges sont concernés :
Calvin, de Candolle, Rousseau et André- Chavanne. Ces écoles,
regroupées en deux régions, Cité et Nations, dispensent
un enseignement par immersion, la première en
allemand, la seconde en anglais. Cette innovation pédagogique
permet aux apprenants de suivre un certain nombre de matières
(histoire, géographie, mathématique, physique, histoire
de l’art, biologie, philosophie,…) en langue seconde. L’objectif
de cette démarche est de faire prendre conscience aux élèves
de leur capacité à communiquer en langue étrangère.
Mais il ne suffit pas de travailler la langue dans une approche communicative,
il faut encore être capable de conceptualiser afin
d’atteindre les capacités requises pour l’obtention
d’un certificat de maturité bilingue. A la suite de nombreuses évaluations, il a été prouvé que globalement, l’enseignement par immersion était au moins autant, sinon plus efficace que l’enseignement traditionnel des langues. Dans aucun domaine de la matière enseignée, les élèves de la section bilingue n’ont pas donné l’impression d’avoir de plus grandes lacunes que leurs camarades ayant suivi les mêmes cours uniquement en langue première. Il semble même que leurs résultats soient souvent meilleurs, ce qui vérifie la thèse du professeur Laurent GAJO de l’université de Genève, selon laquelle « l’interaction bilingue ou plurilingue instaure un cadre privilégié et amène des outils supplémentaires à la construction et à la problématisation des savoirs. » Il reste néanmoins encore beaucoup à faire dans le domaine
linguistique. Le système suisse d’apprentissage des langues
n’obtient finalement que des résultats modestes, tragiquement
faibles disent certains, en tous les cas très en retrait du grand
investissement financier et opérationnel qui leur est consacré. Ce projet, auquel le Département Fédéral des Affaires Etrangères, dans le cadre de Présence Suisse a bien voulu s’intéresser, est l’un des rares projets culturels avec l’Est de l’Europe. Contribuant à conforter l’apprentissage du français en Europe centrale et orientale, il participe au rayonnement de la Suisse à l’étranger. Ainsi représente-t-il un effort suisse pour l’éducation, en lien avec le « milliard de coopération ». Enfin il met en place, et ce n’est pas le moindre de ses mérites, des échanges équilibrés et non dominants entre Europe occidentale, Europe centrale et orientale. SCALA transEurope produit des idées nouvelles. Il est original
par son pilotage multilatéral, ambitieux par sa visée de
création d’une culture d’autoévaluation dans
des pays post-communistes et par la mise en lumière d’une
stratégie inédite en Suisse, soit l’enseignement
intensif d’une langue vivante. L’ambition finale du projet SCALA transEurope serait à terme :
Janine Bézaguet En enjeu, une efficacité renouvelée de l’apprentissage des langues, même les moins parlées, dans une Europe multiculturelle et plurilingue. (1) janine.bezaguet@bluewin.ch |