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Le role international de l'euro - 02.02.2004
Conférence EIPAL - 5 février 2004 (sans illustrations)
LE ROLE INTERNATIONAL DE L'EURO. EIPAL - 05/II/2004
1. Attentes
2. Utilisation internationale de l'euro (?)
3. Taux de change avec l'USD ($)
4. Gouvernance économique et Pacte de Croissance et de Stabilité.
5. Impact de l'adhésion de 10 nouveaux pays membres dans l'Union européenne (UE)
6. Conclusions
Sources : International Role of the Euro - ECB Special Report December 2003
EIB Weekly Note on Economic and Financial Developments of 12 December 2003.
PROMEURO - Publications et site Internet : www.promeuro.org (pour Illustrations)
1. ATTENTES
Alain PRATE, Conseiller Economique de Charles De Gaule et Vice-Président de la BEI :
« On ne peut concevoir une véritable réforme du système monétaire international (SMI) si l'Europe maintient ses [alors] 11 monnaies autonomes. »
« Perspectives de l'Europe financière et monétaire ». Revue Banques, n° 487, octobre 1988
Michel CAMDESSUS, Directeur Général du Fonds Monétaire International (FMI) :
Parmi les nombreuses causes d'espoir d'un SMI plus équilibré et donc d'un monde meilleur, la création de l'? vient en première place. Le Monde, 2000
PROMEURO : « L'euro pour l'Europe : des monnaies nationales à la monnaie européenne ». 1ère Edition De Boeck, 1997
Il a fallu 20 ans pour que le $ remplace la £ comme monnaie internationale de référence.
Dès son origine, l'? a été créé comme monnaie parallèle au $ et aux Droits de Tirage Spéciaux (DTS) ( Illustration 2c).
QUESTIONS :
1. L'? est-il déjà ou est-il en passe de devenir une monnaie internationale de référence ?
2. Si oui, sous quelles conditions un SMI bipolaire avec l'? comme seconde monnaie internationale, sera-t-il plus stable que le SMI issu de l'échec de Bretton Woods ?
2. UTILISATION INTERNATIONALE DE L'?. - PLAN
a. Part de l'? dans le commerce international
b. Part de l'? dans les marchés financiers.
i. Structure des marchés de l'?
ii. Obligations
iii. Prêts
c. Part de l'? dans les réserves des banques centrales et dans les DTS
2.A. UTILISATION DE L'? DANS LE COMMERCE INTERNATIONAL.
Au départ : 60 - 70% des transactions transfrontalières exprimées en $, y compris au sein de l'UE.
Sans tenir compte du commerce intracommunautaire, l'Europe réalise 15,2 % du commerce mondial.
La part du commerce mondial exprimé et facturé en ? est passé de 16.4% en 2001 et 18.7% en 2002.
Exportateurs de la zone ? : plus de 50% des transactions avec pays tiers libellées en ?
Importateurs de la zone ? : autour de 30 % des transactions avec pays tiers libellées en ?
Japon en 2002 : 54% des exportations vers la zone ? libellés en ?.
UK en 2001 : 36% des exportations vers la zone ? libellés en ? (+ 10% de 2000 à 2001).
USA n 2001 : 30% avec D et A ; 10% ou moins avec autres pays.
Pays Adhésion : Variable, Rép. Chèque : + ; Chypres, Bulgarie, .. : -
Tourisme : ? de plus en plus utilisé en substitution au $ dans pays européens (dont Russie)
Conclusion : - en augmentation rapide, surtout depuis disponibilité des billets.
- $ reste largement dominant
- Phénomène local (pays avoisinants (sauf Japon)).
- Déterminé par régime des changes : sur 151 pays avec régime des changes 41 impliquent l'? (en partie à travers les DTS). Russie : ? passé de 20 à 40% du panier.
2.b. UTILISATION DE L'? SUR LES MARCHES FINANCIERS.
2.b.1. Structure des marchés de l'?.
Marché fragmenté : structure en silos (nationaux) : coûts élevés, manque de compétitivité.
Bourses des valeurs : premier secteur a avoir entièrement basculé en ?.
Concentration en cours mais encore trop limitée : spécialisation souhaitable.
Capital risque : limité au profit du financement bancaire plus conservateur et moins rémunérateur.
Epargne et crédit : Préférence des épargnants et agences de crédit pour la proximité. Rigidité des marchés nationaux.
Progrès : Juillet 2003, élimination des frais sur paiements transfrontaliers
2005 : lancement du grand marché financier sur base du »Rapport des Sages (rapport Lamfalusy). Voir Chapitre 8 du Nouveau programme éducatif sur le site www.promeuro.org
2.b. 2. MARCHE DES OBLIGATIONS
- Ecu était en passe de devenir la troisième monnaie la plus utilisée dans les émissions internationales en 1992.
- ? permet à l'Europe d'avoir SON marché des capitaux de dimension continentale. Changements qualitatifs du marché des obligations (proportionnellement moins de banque, plus d'entreprises et entités régionales) (Illustration 8a)
- Emissions totales nouvelles, déjà supérieure au $ dès 1999-2000. Le marché des obligations en ? est de volume international et soutenu. Surtout émetteurs privés anglo-saxons. Forte hausse de l'intérêt de la part des pays asiatiques.
- Emissions nettes nouvelles impliquant partenaire hors zone euro aussi supérieures au $
Surtout celles à court terme ; à long terme même niveau.
- Stock : ? = 24% (en hausse : 1994 = 18%) $ = 45% (en baisse).
- Emissions brutes (y compris renouvellement) restent largement dominées par $.
2.b. 3. MARCHE DES PRETS
Prêts accordés par banques de la zone ? à des emprunteurs hors zone ? :
- Total en Q1 2003, ? 619 milliards y compris organisations internationales dont BEI (?),
- (? = 37% ; $ = 45%) .
- Répartition régionale : Pays industrialisés : nombreux emprunteurs aux USA et UK
(? = 30%, $ = 40%).
Pays Tiers Monde, surtout Afrique, Asie et Moyen Orient,
Amérique Latine essentiellement en $.
-Prêts entre tiers hors zone ? :
? représente seulement 8%, soit troisième monnaie internationale après $ et Y.
2.b. 4. RESERVES OFFICIELLES ET DTS
Réserves officielles : Part de l'? dans les réserves des banques centrales
Selon nouvelles données du FMI :
1994 : 22% 1999 : 13% 2000 : 16% 2002 : 19%
Depuis 1994 : $ a cru de + 12% / an de façon régulière.
? : réserves de monnaies nationales de zone euro, ont d'abord baissé
Depuis 1999 : ? = + 100 % ; $ = + 28% .
Part de l'? dans les réserves mondiales est passé de 11% en 1999 à 21% en 2002.
Faiblesse de l'? a masqué l'augmentation des volumes de réserves tenues en ?.
Europe Centrale et Orientale : ? représente 50% des réserves. Russie, hausse annoncée de 20 à 30%.
Asie : réserves en ? = 6%.
Billets et pièces : 10% distribuées hors zone euro.
Conclusion : Globalement, $ reste réserve la plus importante
Réserves ? très localisées dans et autour zone ?.
Effet de la réévaluation de l'? incertain.
DTS :
Le DTS, monnaie panier gérée par le FMI, est composée des quatre monnaies principales calculées chacune en fonction du poids de sa région d'influence dans l'économie mondiale : l'$, l'?, le Y et la £. Sa composition est revue tous les cinq ans. La dernière eut lieu en janvier 2001. L'euro y a alors remplacé le DEM et le FRF qui représentaient l'économie continentale européenne.
Le poids de l'euro fut alors réduit à 29 %, les deux monnaies nationales pesant ensemble auparavant 32 %. Le poids de la £ est resté à 11 % alors que celui de l'$ est passé de 39 à 45 %, également aux dépens du poids du Y (15 % en 2001).
En 1975, la nouvelle Unité de Compte européenne fut créée égale à 1 DTS
En janvier 2002, 1 ? = 1.1995 DTS
3. TAUX DE CHANGE AVEC L'$ - Plan
a. Question de principe : L'?, doit-il être monnaie faible, forte ou stable ?
b. Evolution depuis 1981
c. Impact des taux d'intérêt à court terme
d. Impact des niveaux relatifs des comptes courants extérieurs.
e. Critères : inflation, taux d'intérêt indicatif, croissance économique, chômage
3.a. MONNAIE FAIBLE, FORTE OU STABLE?
Extrait de « L'euro pour l'Europe : des monnaies nationales à la monnaie européenne ». 2nd Edition De Boeck, 1999
Une monnaie est dite « faible » quand elle se déprécie systématiquement par rapport aux autres monnaies. Offrant des avantages commerciaux, elle est évitée par les épargnants et les investisseurs à long terme. Une monnaie est dite « forte » quand elle s'apprécie par rapport aux autres et affaiblit la compétitivité de ses entreprises vis-à-vis des concurrents étrangers. Elle s'accompagne habituellement d'une stabilité des prix (faible inflation). C'est une monnaie qui conserve son pouvoir d'achat ou sa valeur intrinsèque sur son territoire. Elle est de ce fait recherchée par les épargnants. Un pays à monnaie « forte » attire donc les capitaux malgré les taux d'intérêt faibles qu'il propose.
Dans un système monétaire international, il ne peut y avoir de monnaies « fortes » sans monnaies « faibles ». Selon cette interprétation, l'appellation « forte » caractérise donc un système instable avec des pays dominants et d'autres dépendants. Remarquons que le traité sur l'UE ne demande pas que l'euro soit « fort » mais « stable » dans le cadre d'« une économie de marché ouverte à la libre concurrence ». Dans une économie mondiale, cela suppose d'une part un contrôle efficace de l'inflation et d'autre part un compte courant étranger équilibré. Ces conditions étant remplies pour l'EU, on s'explique mal la « faiblesse » initiale de l'euro par rapport à l'USD sur les marchés des changes.
3.b. EVOLUTION DU TAUX DE CHANGE ?/$ DEPUIS 1981.
Période pre-? : fluctuations de +/- 30% autour du taux de référence 1 : 1 ;cycle de 10 ans.
Période 1999 - 2003 : fluctuations +/- 15% autour du taux de référence 1 : 1 cycle court.
(Illustrations 7 b)
DONC : COURS ACTUELS SONT A L'INTERIEUR DES VARIATIONS PASSEES.
(Pas de dramatisation ; pas de plafonds, cours records,..)
Action concertée des FED, BCE et banque centrale du Japon après 11 septembre 2002 ont stabilisé les marchés financiers internationaux.
Jusqu'à présent : ? = monnaie plus stable, mais fluctuations plus rapides. Avenir : ?
3.c. ROLE DES TAUX D'INTERET A COURT TERME.
On note une corrélation étroite entre le taux de change ?/$ et les taux d'intérêt à court terme de ces monnaies. (Illustration 7c).
3.d. ROLE DES COMPTES COURANTS EXTERIEURS
Zone ? et EU : compte courant extérieur équilibré.
UK et USA : compte courant extérieur en déficit. Situation USA faiblement modifiée par taux de change. (Illustration 7 spéciale)
3.e. CRITERES : INFLATION, TAUX D'INTERET INDICATIFS, CROISSANCE ECONOMIQUE, CHOMAGE.
- Inflation : prix restent stables en période de crise économique, en période de croissance plus rapide : ???? (Illustration 6b)
- Taux d'intérêt indicatif : démontre que le différentiel entre pays EU reste minime (Illustration 6c) ;
- Croissance économique : reste inférieure à celle des USA. Performance zone ? est médiocre. Pas d' »effet ? ». Europe devient pays sous-développé. Incompatible avec statut international de l'? ; (Illustration 7 e et 10c) ;
- Chômage : Taux de 8% insoutenable (Illustration 7i)
7. (IN)GOUVERNANCE ECONOMIQUE ET DU PACTE DE CROISSANCE ET DE STABILITE
7.a. GOUVERNANCE ECONOMIQUE.
Traité de Maastricht : économie est matière d'intérêt commun mais reste sous autorité nationale.
EURO-GROUPE : groupe informel des Ministres de l'Economie et des Finances de la zone ? sans autorité propre vote uniquement au sein de l'ECOFIN qui comprend autres membres de l'EU. Changé dans proposition de Constitution.
Gestion nationale de l'économie largement responsable des obstacles persistants pour réalisation Marché Unique. Manque de parallélisme avec gestion fédérale de la politique monétaire n'est pas soutenable. (Illustration 10b)
Convention : Pas de changement significatif proposé excepté pour autonomie de l'Eurogroupe.
7.b. PACTE DE CROISSANCE ET DE STABILITE.
- Secteur public de l'EU représente plus de 45% du PIB comparés à 34 % aux USA et 31% au Japon.
- Finances publiques régulièrement déficitaires : Pacte de Croissance et de Stabilité vise à l'équilibre des finances publiques sur cycle économique et limite déficits publics annuels à 3% maximum.
- ECOFIN de novembre 2003 a « suspendu l'application du Pacte » pour permettre à la France et l'Allemagne de maintenir des déficits publics supérieurs à 3% sur plus de 3 ans.
- Effet sur la position internationale de l'? :
- vote négatif sur l'? en Suède ;
- pas d'effet immédiat sur le taux de change ?/$ car maintien du principe du Pacte à long terme, et déficit public aux USA de 5% . Comparer situation des dettes publiques respectives.
- mine la crédibilité internationale de la construction européenne.
8. IMPACT DE L'ADHESION DE 10 NOUVEAUX PAYS MEMBRES DANS L'UE.
- Conditions d'entrée dans Union Monétaire et Economique (UME) :
o Faire partie de l'UE
o Respecter les critères de convergence (avec adaptations)
- Régimes actuels très différents : (illustration 12b)
o Bulgarie, Estonie, Hongrie, Lituanie : monnaie déjà rattachée à l'?
o Roumanie, Slovaquie, Slovénie : régimes contrôlés partiellement rattachés à l'?
o Chypre, Pologne, République Chèque, Turquie : monnaie convertible, change libre
o Lettonie : monnaie rattachée au $
o Malte : s'oppose à l'adoption de l'?.
- Deux théories :
o R. Mundell souhaite entrée le plus rapidement possible
o BCE et al : seulement une fois conditions remplies (au plus tôt 2008)
- Effet global probablement neutre comme se fut le cas lors de l'entrée du Portugal et de l'Espagne dans l'ECU.
- ATTENTION : nivaux élevés et croissant dans certains pays de la corruption (Illustration 10f)
9. CONCLUSIONS.
- $ toujours monnaie dominante ; ? position croissante, mais surtout rôle régional. ? est plus que le DEM qui avec le yen étaient les deux béquilles du $. On évolue vers un monde monétaire bipolaire.
- Potentiel réel si ? ne reste pas « orphelin » d'une gouvernance économique et gouvernement fédéral européenne. Si performance économique de l'EU ne s'améliore pas, l'Europe deviendra sous-développée ce qui est incompatible avec un statut international de l'?.
- Pour que le SMI bipolaire soit plus stable que le système issu de l'échec de Bretton Woods, deux conditions nécessaires doivent être remplies :
· Attitude des dirigeants européens devra être moins hégémonique que celle des USA (The problem of the $ is your problem, A dollar is a dollar,...)
· La BCE et le FED devront agir de concert pour réduire les fluctuations intempestives du taux de change (élément résiduel) de leurs monnaies (Robert Mundell).
Jean-Jacques SCHUL