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L'euro et les Petites et Moyennes Entreprises (PME) - 17.12.2000
Présentation à la conférence de PROMEURO du 23/11/2000 à Paris
1. Les petites et moyennes entreprises n'ont pas encore un degré suffisant de préparation pour le passage à l'euro.
D'après une enquête publiée par le ministère de 1'économie cet été, seule une PME sur deux déclare « avoir commencé à se préparer » au passage à l'euro. Certes le niveau de préparation est fortement variable selon la taille et le secteur d'activité et ce sont les plus petites qui sont le plus en retard. Il est possible qu'au vu de la réussite du passage de 1'informatique à 1'an 2000, les dirigeants de PME aient du mal à croire que le passage à l'euro puisse poser des problèmes. Mieux vaudrait toutefois ne pas attendre la date butoir, le 31 décembre 2001, pour opérer le basculement, afin d'éviter les risques d'engorgement.
2 L'Euro apporte aux PME des avantages et des opportunités.
L'Euro est, pour les petites et moyennes entreprises, une chance formidable de développement. Les PME se développent traditionnellement sur des marchés régionaux ou nationaux. La création d'une vaste zone d'échanges fondées sur une monnaie unique va modifier considérablement les bases même de leur activité, en simplifiant les procédures et en réduisant les coûts liés à la gestion des devises. En effet ce sont les PME qui, jusqu'à présent, souffrent le plus des fluctuations monétaires. A la différence des grandes entreprises, elles disposent rarement des moyens de se prémunir contre le risque de change, hésitent à manipuler plusieurs devises et, pour ces raisons, renoncent souvent à établir des relations commerciales en dehors de leurs frontières. L'euro leur fournit 1'opportunité de mettre en place des stratégies européennes, d'accéder à de nouveaux marchés et donc de développer leurs activités transfrontalières.
Par ailleurs, les petites entreprises qui ne sont pas impliquées dans le commerce international peuvent aussi bénéficier des avantages liés à 1'introduction de l'euro. Par exemple, dès 1'arrivée de 1'euro, les fournisseurs des petites entreprises réaliseront des économies dans leurs importations. Les PME devront veiller à ce que leurs fournisseurs traduisent ces économies par une diminution de leurs prix. Si ce n'est pas le cas, les PME, même de très petite taille, auront la possibilité de modifier leurs circuits d'approvisionnement. Autre exemple, 1'industrie du tourisme constitue un cas exemplaire d'un secteur qui devrait tirer un grand profit du passage à 1'euro. Des économies seront réalisées A tous les niveaux: tant chez les organisateurs de voyages que chez les touristes. Les coûts d'adaptation, à caractère ponctuel, seront largement compensés par les bénéfices annuels qui seront enregistrés suite à 1'avènement de 1'euro.
2. Il reste toutefois quelques obstacles à lever pour faire du marché européen un véritable marché unique.
La transparence des comptes : confrontées à la concurrence intra-européenne, les petites et moyennes entreprises doivent pouvoir disposer d'un référentiel commun d'appréciation de leur situation comptable. L'absence de normes comptables communes complique la comparabilité de 1'information financière, ce qui entraîne des difficultés pour contracter avec des partenaires étrangers. S'il est vrai que 1'harmonisation des règles comptables est un thème souvent évoqué, en réalité, la situation est peu satisfaisante : il semblerait qu'il n'y ait pas d'autre choix que 1'adoption des normes IAS. Mais il s'agit d'un référentiel très théorique, et qui tient mal compte des spécificités de certaines professions (les banques par exemple). Les préconisations retenues par les experts sont les suivantes : favoriser une cohésion des européens an sein de I'IASC, adopter une réforme progressive (d'abord les grandes entreprises, ensuite les plus petites), former les professionnels, mieux communiquer (IAS est gérée par des conceptualistes pratiquant un « techno-slang »), assurer 1'indépendance de 1'auditeur...
L'évaluation du risque : encourager le développement européen des entreprises petites ou moyennes pose la question de leur accompagnement financier, et donc la question de 1'évaluation du risque. Certes, la mise en place de normes comptables communes facilitera partiellement cet exercice, mais 1'évaluation des capacités futures d'une entreprise ne se résume pas à 1'analyse de sa comptabilité. Il faut aussi considérer les é1éments de marché, les é1éments de personnalité du chef d'entreprise, etc... tout un ensemble d'éléments que 1'on organise pour assurer une « cotation » de 1'entreprise. Sauf à envisager un système harmonisé de cotation, il faudrait a minima s'orienter vers un principe de reconnaissance mutuelle des systèmes de cotation mis en oeuvre dans chaque pays.
Les garanties et les sûretés : Les PME sont conduites actuellement à la plus grande prudence dans leurs relations contractuelles avec des partenaires étrangers par le défaut - ou 1'insuffisance - d'harmonisation en matière de garanties ou de sûretés. Les récentes avancées communautaires sur le droit de la faillite devraient rassurer les entreprises, au moins en partie. Mais cette étape, importante, reste toutefois insuffisante et n'exclut pas une réflexion en matière de garanties.
par Ariane OBOLENSKY
Présidente de la Banque de Développement des PME (Paris)
Ariane OBOLENSKY Présidente de la BDPME