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LE NAUFRAGE DE L'EURO? - EPISODE UN
(4.6.2004)
LE CRASH DE 2003 : LE CONTE DE FEES DE L'UEM
David LASCELLES du Centre for the Study of Financial Innovation (CSFI) à Londres imagina en 1996 un rapport (1) qu'un expert présenterait le 30 juillet 2003 au Premier Ministre du Gouvernement de sa Majesté sur les causes de la désintégration de l'Union Economique et Monétaire (UEM) qui aurait eu lieu en début d'année. Pour ce t expert, les causes principales furent les suivantes :
1. Au départ, les membres de l'UEM étaient politiquement trop désunis pour affronter les défis d'une monnaie unique.
2. Nombreuses difficultés pratiques de l'UEM ont été sous-estimées en raison du désir politique de lancer la monnaie unique.
3. Les marchés financiers ont envoyé des signaux trompeurs sur le succès probable de l'UEM.
4. Les critères de participation exigés des premiers participants à l'UEM étaient insuffisamment strictes.
5. L'UEM était supposée réduire le taux de chômage alors qu'elle l'a en fait augmenté.
6. Le coût de l'adaptation physique à l'euro a entraîné une charge excessive sur les membres et non-membres de l'UEM et annula les bénéfices attendus de la monnaie unique.
7. Dans sa phase initiale, l'euro s'avéra être une monnaie plus forte qu'attendu ou souhaité.
8. Le Pacte de Stabilité eu l'effet oppose que souhaité en aggravant l'austérité.
9. Lorsque la pression monta, les Etats membres de l'UEM donnèrent la priorité à leurs intérêts nationaux au dessus des intérêts de l'union monétaire.
Au passage, il est intéressant de noter qu'en 1996, David LASCELLES avait prévu que la bulle spéculative boursière éclaterait en juin 2000, à peine 3 mois après la chute effective des cours en mars de cette année! Manifestement, ses vues méritent notre attention.
Le rapport conclut que l'UEM était un stratagème bien intentionné mais prématuré. Elle visait à élever l'Union Européenne à de nouveaux niveaux. Mais elle était motivée par des impératifs politiques qui ignoraient les implications pratiques et, en fin de compte, ces impératifs n'étaient pas assez puissants pour leur permettre de traverser les problèmes économiques évidents dès le départ » .
L'année 2003 est passée sans crash de l'euro. Certains arguments présentés par LASCELLES étaient clairement erronés (2 (2), et 7, par exemple). Toutefois, d'autres arguments (1, 4, 5, 8, 9) restent partiellement ou totalement d'actualité et l'échec de la Convention européenne en matière de gouvernance économique est de funeste augure. La question alors est : les avantages de la monnaie unique pour le Marché Unique sont-ils tels que l'UEM résistera même à ces déficiences fondamentales or n'est-ce qu'une question de temps pour que la prévision de LASCELLES se réalise dans un avenir plus ou moins proche?
PROMEURO a depuis toujours averti que l'UEM n'est pas durable sans union politique. En automne 2003, l'application du Pacte de Croissance et de Stabilité a été suspendue après le refus de l'Allemagne et de la France d'en respecter les termes. Depuis, plusieurs pays enfreignent ses règles. Les Suédois ont voté non à l'euro. Est-ce que ceci ne sont que des soubresauts sans importance dans l'évolution vers une UEM toujours plus forte ou au contraire, peut-on y déceler les prémisses de son effondrement prochain? David LASCELLES a-t-il modifié ses vues ou n'a-t-il que reporté la date du naufrage?
La réponse dans le deuxième épisode.
(1) The Crash of 2003. An EMU fairy tale. By David LASCELLES. Centre for the Study of Financial Innovation. 5 Durby Street, LONDON W1Y7AD. Tel : +44 171-4930173 fax : +44-171-4930190 website : www.csfi.org.uk
(2) En ce qui concerne les « arrangements pratiques » tout dépend de ce que l'on entend par ces mots. Des efforts considérables ont été entrepris pour assurer le succès des passages à l'euro en 1999 et 2002. Par contre , on reste effaré de constater que le Traité de Maastricht ne prévoit rien en matière de supervision bancaire.
Jean-Jacques SCHUL, Président PROMEURO