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    L'euro en douze thèmes

    5. Billets et pièces en euro

    5.1. Que contient notre porte-monnaie à partir de 2002?

    Les différents modèles de billets en euro ont été présentés au public le 13 décembre 1996 à Dublin, les pièces, en juin 1997, au sommet d'Amsterdam. Les billets eux-mêmes, zone euro, ont été dévoilés au public par le président de la BCE fin août 2001. Sept billets de 5, 10, 20, 50, 100, 200 et 500 euros, de couleur et de taille différente. Les deux faces sont identiques pour toute la zone euro dans laquelle ils ont cours* légal (donc pas de face nationale) et portent des signes de sécurité sophistiqués. Les billets sont fabriqués dans plusieurs centres en Europe sous la responsabilité directe de la Banque centrale* européenne (BCE).

    La Banque centrale européenne


    Huit pièces de 0,01 ; 0,02 ; 0,05 ; 0,1 ; 0,2 ; 0,5 ; 1 euro et 2 euros. La sous-unité de l'euro s'appelle juridiquement « eurocent » et, dans le langage courant « cent » (prononcé à l'anglo-saxonne) ou « centimes ». Les pièces sont fabriquées sous la responsabilité des banques centrales nationales.

    Outre les douze pays de la zone euro, la République de Saint-Marin, la Cité du Vatican et la principauté de Monaco frappent leurs propres pièces en euro, les deux premières en accord avec le gouvernement italien, la dernière avec le gouvernement français.

    Billets et pièces en euro

     

    © Promeuro - Illustration 5a

    Accords monétaires et dee taux de chang de la Communauté et des États membres sur le site de l'euro en Belgique (http://euro.fgov.be/)

    5.2. Quels principes ont présidé au choix des dessins des billets ?      
    Le graphisme symbolise l'héritage architectural européen : des fenêtres et des portails sur le recto évoquent l'esprit d'ouverture et de coopération dans l'Union européenne. Un pont d'une époque particulière, sur le verso, symbolise la communication des peuples au sein de l'Europe et de l'Europe avec le reste du monde. Les douze étoiles du drapeau européen symbolisent le dynamisme et l'harmonie de l'Europe. Ces dessins sont l'ouvre d'un Autrichien, Robert Kalina, de la Banque centrale autrichienne, dont les propositions ont été sélectionnées à l'issue d'un concours au niveau européen. L'absence, sur les billets, de représentation de personnalités ayant aidé à forger la civilisation européenne (Aristote, Dr Gro Harlem Brundtland, Winston Churchill*, Léonard de Vinci, Dante, Albert Einstein, Alexander Fleming, Galilée, Jean Monnet*, Wolfgang Amadeus Mozart, Henri le Navigateur, Louis Pasteur, Rembrandt, Robert Schuman*, William Shakespeare, Socrate, Altiero Spinelli, Ludwig van Beethoven, etc.) a été regrettée. Elle reflète le souci de ne pas heurter les sensibilités nationales au moment où l'euro remplace le national. Néanmoins, l'engouement pour les pièces et leur face nationale pourrait encourager la BCE à faire évoluer en ce sens les dessins des billets lors de futures émissions.

    Jean Monnet

    Des voyageurs ont aussi déploré l'absence de billets d'un euro car il existe déjà beaucoup de pièces, et un billet d'un euro, comme celui d'un dollar, faciliterait l'octroi de pourboires en euro, notamment en dehors du continent européen où il est plus aisé de changer des billets que des pièces. La durabilité des petites coupures pourrait être prolongée si elles étaient produites à partir de matières plastiques. Le billet de 500 euros a été critiqué comme pouvant favoriser le marché parallèle.

    5.3. Quels principes ont présidé au choix des dessins des pièces ?      
    Les pièces possèdent une face commune qui a été dessinée par Luc Luycx, de la Monnaie royale de Belgique. L'autre face représente un ou plusieurs symboles nationaux, mais elles ont toutes valeur libératoire dans tous les pays de l'UEM. Cette caractéristique est considérée par certains comme une entrave au caractère européen de la monnaie unique, par d'autres comme l'expression la plus visible que l'euro apporte effectivement « l'Europe dans nos poches ». Certains pays, comme la Finlande, ont décidé d'arrêter la production des pièces de 1 à 5 cents. Ces dernières sont toutefois utiles dans les pays à faibles revenus et évitent les arrondis systématiques vers les 10 cents supérieurs.

    5.4. Quelles mesures de sécurité sont prises contre la falsification de l'euro ?       
    De nombreux signes de sécurité modernes sont incorporés aux billets de banque en euro, de manière à les protéger des contrefaçons, au moins aussi bien que les billets nationaux précédents. Le cadre juridique adopté à Dublin enjoint aux États membres de prendre les mesures nécessaires pour combattre les contrefaçons éventuelles. Pour les billets, les signes de sécurité dévoilés par la BCE au grand public concernent le fil de sécurité, la bande métallisée holographique, le filigrane et la bande iridescente, et surtout la qualité du papier de fabrication. Les billets n'ont pas été mis à la disposition du public avant le 1er janvier 2002 pour minimiser des abus et les opportunités de falsification. Les pièces, notamment celles de 1 et 2 euros, comportent aussi des signes de sécurité spécifiques. Les billets et les pièces en euro sur le site « Euro » de la BCE (http://www.euro.ecb.int/)

    5.5. Les billets et les pièces en euro sont-ils identifiables par les malvoyants ?      
    Les spécifications techniques ont pris en compte les besoins des aveugles et des malvoyants dont les associations ont été consultées. Pour faciliter l'identification des différentes coupures, les billets ont des tailles et des couleurs dominantes différentes selon leur valeur faciale. Ils portent sur les deux faces des numéros clairement visibles et lisibles, situés au même endroit dans toute la gamme de coupures, ainsi que des signes tactiles. Pour les pièces également, des caractéristiques différentes ont été introduites afin de faciliter la distinction par les malvoyants. Des enquêtes ont montré que les malvoyants estiment que l'euro non seulement évite les inconvénients liés à la multiplicité de billets et pièces différents par pays, notamment lors de voyages à l'étranger, mais aussi que les spécifications des billets et pièces en euro rencontrent leur attente. Site en anglais de l'Union européenne des aveugles (http://www.euroblind.org/)

    5.6. Les pièces contiennent-elles des métaux susceptibles de provoquer des allergies ?      
    Pour des raisons de sécurité, les pièces de 1 et de 2 euros contiennent du nickel (pas les autres). Deux laboratoires - au Royaume-Uni et en Suède - ont mis en garde contre les dangers d'allergies liées à la présence du nickel dans ces pièces. 25 % des femmes et 2 à 5 % des hommes sont allergiques au nickel.

    Contrairement aux anciens francs français, par exemple, les euros ne contiennent pas de nickel pur. Seules les pièces de 1 et de 2 euros contiennent des alliages de nickel. La couronne (jaune) de la pièce d'un euro est en maillechort (75 % de cuivre, 20 % de zinc et 5 % de nickel), son centre (blanc) en cupronickel (75 % de cuivre et 25 % de nickel). Pour la pièce de 2 euros, la composition est inversée : couronne en cupronickel, centre en maillechort. Le nickel est utilisé dans la bijouterie et la coutellerie, par exemple, et compose 75 % des pièces des monnaies nationales en circulation avant le lancement de l'euro alors que les pièces de 1 et de 2 euros ne constituent plus que 8 % de la masse des pièces en circulation après la disparition des monnaies nationales. Le danger semble moins réel pour la population au sens large que pour les caissiers et caissières, guichetiers des banques et des postes qui manipuleront des quantités importantes de ces pièces. Deux mois après le lancement de l'euro, aucun cas d'allergie à ces alliages n'avait été rapporté.

    5.7. Comment explique-t-on l'engouement des consommateurs pour les billets et pièces en euro ?      
    Le manque de soutien populaire à l'écu et à l'euro scriptural faisait craindre une adoption lente de l'euro fiduciaire* avec le risque de voir les monnaies nationales dominer la période de double circulation. Il n'en fut rien. La distribution des billets et pièces connut un franc succès, les stocks de « kits » démonstratifs de pièces étant rapidement épuisés et des distributeurs automatiques de billets pris d'assaut dans certains pays aux premiers jours de janvier 2002. Les billets et pièces en euro ont remplacé les monnaies nationales plus rapidement que prévu. Certaines pièces dont la face nationale est assimilée au patrimoine culturel européen (l'enlèvement d'Europe, Dante, etc.) font l'objet de demandes sur Internet de la part des collectionneurs.

    Une pièce italienne de deux euros à l'effigie de Dante



    Il est indéniable cela traduisait le sentiment de vivre un moment historique exceptionnel. L'introduction des billets et pièces en euro a donné lieu à des scènes inhabituelles d'entraide dans les commerces.

    L'explication est difficile à trouver si ce n'est que les sondages montraient qu'une majorité d'Européens était de longue date favorable à l'instauration d'une monnaie européenne. Apparemment, seule la monnaie fiduciaire pouvait assouvir cette préférence. Il est vrai que tant les consommateurs que les commerçants avaient intérêt à réduire la période coûteuse de double circulation des monnaies.

    Enfin, la période transitoire de trois ans a parfois été ressentie comme trop longue. Il faut cependant rappeler que la production et la distribution de 14,89 milliards de billets (2/3 pour la mise en circulation, 1/3 pour les stocks logistiques) et 52 milliards de pièces (soit un total de plus de 646,75 milliards d'euros) ont nécessité des mesures exceptionnelles dont certaines prises la dernière année. L'année 2001 a aussi permis d'intensifier les campagnes d'information et de préparation qui ont sans aucun doute contribué à l'excellent déroulement de l'opération délicate du remplacement définitif des monnaies nationales par l'euro.

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