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Table des Matières
- 1.3.1. Le carré magique de la performance d’une monnaie
- 1.3.2. L’euro et les opérations financières
- 1.3.3. Les pays européens hors zone euro
- 1.3.4. Le Rôle International de l’Euro
- 1. L'euro
- 2. Les cultures socio-économiques de l’Union européenne (UE)
- 3. Valeurs et Symboles européens
- 4. L’Union européenne (UE) DANS LE MONDE
- 5. La citoyennete Europeenne
- 6. Diversité Culturelle et Education
- 7. Integration politique Europeenne
Questions de recherche
L’Europe en devenir - La performance de l'euro
1.3.4. Le Rôle International de l’Euro
1.3.4.1. Comment mesure-t-on le rôle international de l’euro ?-
L’importance de l’euro comme monnaie internationale est mesurée par sa part :
- Dans le commerce international et notamment par les:
- cotations en euro ;
- facturations en euro ;
- paiements en euro.
- Des marchés financiers, pour les
- obligations
- prêts et dépôts
- Des marchés des changes
- Des réserves des banques centrales et dans les Droits de Tirage Spéciaux (DTS*)
- Des billets de banque en euro circulant dans le monde.
La Banque centrale européenne (BCE) publie annuellement à la mi-année un rapport sur l’évolution du rôle international de l’euro (en anglais).
1.3.4.2. Quelle est la situation générale en 2006 ?-
L’utilisation internationale de l’euro en progression rapide dans le monde durant les années qui ont suivi son lancement, s’est stabilisée. Son utilisation est stable ou baisse dans certains domaines financiers ; dans le commerce international, elle est largement confinée à la proximité de l’Union européenne (UE) et elle reste stable comme monnaie de réserve des banques centrales. Le nombre de billets de banque en euro circulant dans le monde a augmenté et dépassait début 2007 celui de l’USD ($). Dans l’ensemble, l’euro reste une monnaie « locale » principalement utilisée dans et autour de l’Europe.
Version 2007 du rapport de la BCE : www.ecb.eu/pub/pdf/other/euro-international-role200706en.pdf
1.3.4.3. Y a-t-il des matières qui sont cotées en euro sur le marché international ?-
La plupart des matières premières restent cotées en USD et en GBP (£), qui était jusqu’en 1922 la monnaie internationale de référence et fut supplantée officiellement par l’USD lors des accords de
Bretton Woods* en 1944. Seuls quelques pays isolés libellent leurs exportations en pétrole, par exemple, ce phénomène restant jusqu’à présent anecdotique.
Par contre, un nombre croissant de publications professionnelles internationales insèrent systématiquement la valeur équivalente en EUR à côté du montant publié en USD et/ou en GBP.
1.3.4.4. Quelle est la part du commerce international facturé et payé en euro ?-
Les importations dans l'UE représentent 20 % du commerce mondial (USA : 21% ; Japon :6%), alors que ses exportations représentent 18.3% (USA 12% et Japon 7%) L’UE est le premier exportateur sur le marché mondial, commerce intracommunautaire exclus.
Au lancement de l’euro, la part de l’euro dans le commerce mondial est rapidement monté à 16.4% en 2001 et 18.7% en 2002. En 2005 et 2006, cette part s’est stabilisée, restant minime dans le commerce entre les pays européens et, par exemple, les pays asiatiques (prés de 10%).
L’usage de l’euro dans les exportations des pays de la zone euro (44%) est resté stable en 2006. Par contre, dans les importations des produits dans cette zone (56%), il a baissé en 2006, en raison sans doute de la forte hausse de la valeur des importations de produits énergétiques libellés en USD. Ces chiffres sont à comparés à un usage de 60 à 70% de l’USD dans toutes les transactions transfrontalières de l’UE avant le lancement de l’euro.
- Japon en 2002 : 54% des exportations vers la zone euro libellés en EUR.
- UK en 2001 : 36% des exportations vers la zone euro libellés en EUR (+ 10% de 2000 à 2001).
- USA en 2001 : 30% avec D et A ; 10% ou moins avec autres pays.
Toursime : € de plus en plus utilisé en substitution au USD dans les pays européens (dont Russie)
Conclusion :- en augmentation rapide au début, surtout depuis la disponibilité des billets.
- USD reste largement dominant
- Phénomène local avec les pays avoisinants (sauf Japon).
1.3.4.5. Comment a évolué l’usage de l’euro sur les marchés des obligations à son lancement ?-
- L’écu (voir chapitre 1.2.2.2.) était en passe de devenir la troisième monnaie la plus utilisée dans les émissions internationales en 1992.
- l’euro permet à l’Europe d’avoir SON marché des capitaux de dimension continentale.
Il entraîne des changements qualitatifs du marché des obligations : proportionnellement moins de banque, plus d’entreprises et entités régionales.
- Le montant des émissions totales nouvelles en euro déjà supérieure à celui des émissions en USD dès 1999-2000. Le marché des obligations en EUR est de volume international et soutenu. Il est composé surtout d’émetteurs privés anglo-saxons.
- Forte hausse de l’intérêt de la part des pays asiatiques.
- Emissions nettes nouvelles avec un partenaire hors zone euro aussi supérieures à celles en USD. Surtout celles à court terme ; celles à long terme reste du même niveau que celles en écu.
1.3.4.6. Comment évolue ensuite la part de l’euro sur les marchés obligataires ?-
Les émissions nettes à long terme continuent a augmenter régulièrement jusqu’en 2005 tant en termes absolus que relatifs. En 2006, elles montent toujours en termes absolus (+ 19 milliards d’EUR), mais, pour la première fois, elles baissent en termes relatifs, en raison d’une augmentation considérable (+100 milliards d’USD soit +51% ) des émissions internationales en USD.
En % au Q4
1994
2003
2005
2006
Q= quarter = trimestre
EUR
18
24
33,7
31,4
En 2006, le volume des émissions en EUR à court terme diminue tant en valeur absolue que relative par rapport à l’USD. Les émissions brutes d’obligations (y compris renouvellement) restent largement dominées par l’USD. Le marché international des émissions en EUR reste dominé par les Etats européens non membres de la zone euro et par les Etats ayant une économie développée. Contrairement à ce qui s’était passé au lancement de l’euro, (voir chapitre 1.3.2.) en 2006 la part des émissions provenant des banques privées et institutions financières (+67%) augmente aussi en comparaison de celle des émissions provenant d’entreprises ou d’organismes régionaux. La part de l’euro dans les portefeuilles des fonds mutuels, de pension ou assurances américains reste négligeable (0.7%) alors qu’elle augmente significativement pour atteindre +28% dans ceux détenus par des entités européennes.
1.3.4.7. ….. et sur le marché des prêts et de l’épargne?-
Prêts transfrontaliers accordés au :
En %
Q1 2003
Q4 2005
Q4 2006
Total prêts
8
21.2
19.8
Total dépôts
24.5
21.6
De banques à emprunteurs tous deux hors zone euro
20.2
16.7
La répartition reste régionale : les principaux emprunteurs en euro sont des pays d’Europe centrale ou orientale (+100% en 2006). Pour l’ensemble des pays industrialisés, la majorité des emprunteurs transfrontaliers sont américains ou britanniques. La part de l’euro dans leurs emprunts a baissé en 2006 à 32% (en 2005 : 36%; en 2003 : 30% et 40% en USD), sans doute en raison de l’incertitude concernant le taux de change de l’EUR par rapport à l’USD. En 2003, alors que l’euro était une monnaie qui semblait faible, ils empruntaient en EUR pour 30% et en USD pour 40%.
Pour les pays du Tiers Monde, l’euro est utilisé surtout en Afrique, en Asie et au Moyen Orient. Par contre l’Amérique Latine utilise essentiellement l’USD, même si la part du commerce de ces pays avec l’UE dépasse celle avec les USA dans tous les grands pays sauf au Brésil (UE : 25%/USA : 26%) et au Mexique (UE : 6%/USA : 87%). La part de l’euro dans les dépôts (épargne) transfrontalière chuta en 2006 de 3% (- 6% pour les non-résidents de la zone euro). Cette chute reflète la poursuite d’un déclin commencé en 2003, accentuée par la hausse spectaculaire des prix de pétrole. Les pays exportateurs de pétrole ont en général augmenté la part de leurs dépôts détenus en USD, alors que la Russie a fortement augmenté sa part détenue en EUR : de 9% en 2002 à 40% en 2006.
1.3.4.8. Quelle est la part de l’euro sur les marchés des changes.-
En 2006, cette part déclina de 41% à 39%, la part de l’USD restant relativement stable, et la part du JPY et de la GBP baissant de façon plus significative. Les déclins s’explique par l’introduction de nouvelles monnaies sur les marchés par Continuous Linked Settlements* (CLS). L’USD avec plus de 90% du marché représente toujours la monnaie dominante sur les marchés des changes internationaux.
Voir aussi www.cls-services.com
1.3.4.9. Quel est l’intérêt porté par les banques centrales pour l’euro comme monnaie de réserve ?-
La part exacte de l’euro dans les réserves de change des banques centrales est difficile à déterminer car nombreuses sont celles qui ne divulguent pas la composition de ces réserves. Pour celles qui le font, la croissance de la part de l’euro serait de :
1994
1999
2000
2002
2005
2006
En %
22
11-13
16
19/21
24.9
25.8
En 1994, les 22% représentent l’ensemble des monnaies nationales européennes. La baisse constatée en 1999 est causée par la recherche de diversification de leur portefeuille par les banques centrales : une seule monnaie européenne, offre moins de diversité des risques et elles cherchèrent donc à compenser cette concentration de risque en faisant l’acquisition de monnaies non-européennes.
Dans l’ensemble des réserves internationales connues, on estime que de 1999 à 2006 la part connue de l’USD a décru très légèrement de 70% à 67% alors que celle de l’EUR a cru de 20% a 24% (57% dans les pays européens hors zone euro, 18% dans les pays de la zone USD).
La hausse de la part en euro entre 2005 et 2006 n’est pas le résultat d’acquisitions supplémentaires d’euro mais de la hausse de la valeur de l’euro sur les marchés de change.
Depuis 1999, les réserves en USD ont cru régulièrement de 12% / an, principalement dans les pays asiatiques (part de leurs réserves en euro : 6%). Pour l’euro, les réserves ont d’abord baissé par rapport à l’ensemble des monnaies nationales européennes détenues par les banques centrales mais elle a cru à près de 20%/an jusqu’en 2005 pour rester stable entre 2005 et 2006.
En Europe Centrale et Orientale, les banques centrales détiennent près de la moitié de leurs réserves en euro. La banque centrale de Russie a augmenté ses parts de réserves en euro de façon spectaculaire : elle passe de 20 à 30% en 2003 à 45% en 2006.
Conclusion : La part de l’EUR dans les réserves des banques centrales est largement déterminé par leur régime des changes : sur 151 pays avec régime des changes, 41 comprennent une part en EUR (en partie à travers les
DTS*).
1.3.4.10. Quelle est la part de l’euro dans les Droits de Tirage Spéciaux (DTS)* ?-
En 1975, une « nouvelle » Unité de Compte européenne, dont est issu l’écu et l’euro au taux de 1 à 1 (voir 1.2.1.6.), fut créée égale à un DTS* (créée elle-même en 1969 avec le même poids d’or que l’USD).
En janvier 2002, 1 EUR = 1.1995 DTS* ; en octobre 2005, 1EUR = 1.9660 DTS*.
Le DTS, monnaie panier gérée par le Fonds Monétaire International (FMI)*, est composée des quatre monnaies principales calculées chacune en fonction du poids de sa région d'influence dans l'économie mondiale : l'USD, l'EUR, le JPY et la GBP. Sa composition est revue tous les cinq ans. En 2001, l‘EUR y a alors remplacé le DEM et le FRF qui représentaient l'économie continentale européenne.
Le poids de l'EUR fut alors réduit à 29 %, les deux monnaies nationales pesant ensemble auparavant 32 %. Le poids de la GBP est resté à 11 % alors que celui de l'USD est passé de 39 à 45 %, également aux dépens du poids du JPY (15 % en 2001).
La dernière révision de la composition eut lieu en octobre 2005. Depuis, le panier de devises composant un DTS* contient exactement :- 0,5770 USD
- 0,4260 EUR
- 21,000 JPY
- 0,0984 GBP
La composition des
DTS* était donc alors (compte-tenu des taux de change de chacune des monnaies à l’époque) de USD : 39% ; EUR : 36% ; GBP : 13% ; JPY : 12%.
1.3.4.11. Quelles conclusions peut-on tirer de cette analyse ?-
L’USD reste la monnaie dominante dans le monde. L’EUR a connu une croissance rapide après son lancement, mais reste surtout utilisé en et autour de l’Europe. Elle a donc une utilité principalement régionale.
En 2006, l’évolution attendue vers un système monétaire international bipolaire a connu un arrêt, l’usage de l’euro n’atteignant pas la moitié de celui du USD.
Cette situation est largement déterminée par l’usage de l’USD comme monnaie de référence pour les produits énergétiques dont la valeur connaît une forte hausse.
Pour que l’usage de l’euro continue à croître au-delà des frontières européennes, il faudra que l’Europe se dotte d’une gouvernance économique crédible, et que les dirigeants européens fassent preuve d’une attitude plus compatible avec les relations internationales d’un monde post-moderne qui bannit les tendances hégémoniques. Si les dirigeants européens adoptent la même attitude que les Américains qui ne font preuve d’aucune considération pour l’impact des variations de leur monnaie sur le reste du monde ( « The problem of the $ is your problem », « A dollar is a dollar »,…….), alors, les pays tiers n’auront aucun intérêt de remplacer l’USD par l’EUR.
Selon
Robert Mundell* , les banques centrales des grandes monnaies internationales et tout particulièrement la Federal Reserve américaine (FED) et la Banque Centrale européenne (BCE) devraient mieux coordonner leurs actions pour stabiliser les marchés des changes internationaux.
1.3.4.12. Quel est le potentiel international de l'euro ?-
Avec l’USD et leJPY, l'euro devient l'une des trois ou quatre grandes
devises* internationales permettant de mieux refléter les équilibres économiques et commerciaux d'aujourd'hui en octroyant à l'Europe une monnaie à sa dimension. En effet, même sans tenir compte du commerce intracommunautaire, l'Europe réalise une part significative du commerce mondial. En renforçant le rôle internationale de l’euro, l’UE améliore :- Le pouvoir de négociation des entreprises européennes pour régler leurs transactions dans leur propre monnaie.
- La position du marché obligataire européen, qui est potentiellement le plus grand au monde. L'euro peut concurrencer l'USD dans le domaine des produits financiers. Actuellement, environ 60 % des actifs mondiaux sont en USD, dépassant largement le poids économique des États-Unis.
- La capacité de l'euro de devenir un élément incontournable des réserves de change dans le monde.
- Le rééquilibrage du système monétaire international en l’amenant à devenir bipolaire, réduisant le risque que fait courir à ce système l'usage d'une seule monnaie nationale comme monnaie de référence. Son élaboration à partir de valeurs définies en fonction des monnaies internationales de référence (USD et DTS*) fait de l'euro un précurseur de la construction d'une monnaie mondiale véritablement internationale.
- Les chances de voir disparaître la tendance aux dévaluations compétitives des devises* internationales.
- Pour ce faire, il faudra que la représentation politique de l'euro dans les instances internationales soit à la mesure de son importance monétaire. Les pays de la zone euro doivent avoir sur le plan international un « Monsieur euro » et apprendre à parler d'une seule voix. Le traité de Nice autorise le Conseil à nommer un tel représentant à la majorité qualifiée.

Alan Greenspan*,le président de la Federal Reserve des Etats-Unis (FED), le pendant américain de la BCE, estime que la crédibilité de l'euro restera minée aussi longtemps que le sort de l'économie européenne restera dans les mains des autorités nationales. »