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Gouvernance économique dans l'UE et la Zone Euro - 14.04.2006

 Résumé de la conférence donnée aux membres du Cercle Fédéraliste Européen .
     

A partir de 2000, la performance économique de la zone euro a été médiocre : les espoirs mis dans l'euro comme levant les derniers obstacles à la réalisation du Marché Unique et devant apporter enfin croissance et emploi ont été déçus. La coordination économique après la création de l'euro est devenue moins intense qu'elle ne l'était avant, même si elle était alors largement informelle. La raison : le Traité de Maastricht a oublié la question des institutions et entre temps la vrai volonté d'intégration a disparu.

Eurobaromètre montre que les citoyens attendent de l'Europe qu'elle améliore leur situation économique. En ce sens, les Pères Fondateurs de la Communauté économique européenne avaient vu juste.

La Constitution contient au moins trois faiblesses critiques dans le domaine économique :
1. La compétence d'initiative de la Commission en terme de coordination des politiques économiques a été refusée ;
2. La fiscalité reste une matière soumise au vote à l'unanimité ;
3. Aucune représentation externe économique de l'UE n'est prévue avec comme conséquence qu'au Fonds Monétaire International (FMI) par exemple, les pays de l'UE se contredisent.

Concernant le Pacte de Croissance et de Stabilité, il faut reconnaître que :
1. Les limites devraient être assouplies pour tenir compte que les pays de l'UE ne sont pas tous au même stade de leur cycle économique ;
2. Le niveau des dettes publiques doit être considéré quand on apprécie le niveau de déficit public  de chaque pays ;

Quant au budget de l'UE, il faudrait intégrer un impôt sur les sociétés européennes pour contribuer au budget de l'UE qui ne peut répondre aux attentes du public avec seulement 1%du PIB européen (commentaire PROMEURO : alors que les gouvernements nationaux consomment 44% du PIB européen).

En conclusion, l'Europe n'est plus synonyme de progrès : Eurobaromètre montre qu'elle compte aujourd'hui 25 millions de supporters en moins (seuls 41% des citoyens soutiennent encore la construction européenne).

L'autonomie des politiques économiques des gouvernements nationaux implique un accord sur les grandes variables macroéconomiques. Un accord sur des prélèvements obligatoires ne sera acquis que si on se met d'accord sur l'utilisation de ces prélèvements.

A la question d'un participant qui voulait savoir si l'euro n'auvait pas été créé trop tôt et si le passage de l'écu à l'euro n'aurait pas plutôt du se faire selon le Plan Delors (monnaie parallèle) au lieu du « big-bang » décidé à Madrid en 1995, l'orateur ne pense pas que l'euro fut lancé trop tôt, mais que les fondateurs de l'Union Economique et Monétaire (UEM) ont apparemment oublié que la dynamique de la création de l'euro était très différente de celle de sa gestion.

Quant à savoir si la France est à même d'effectuer les réformes structurelles nécessaires pour qu'elle puisse enfin arriver à contrôler ses dépenses publiques, l'orateur dit appréhender le terme de « réformes structurelles » parce qu'en France elles se font avec une concertation insuffisante des populations concernées. Il faut de véritables partenariats pour que les gens s'engagent sur les réformes, et encore faut-il pouvoir offrir un avantage futur clair. Il y a actuellement un déficit de comportement des leaders européens.

Il insiste sur le fait que l'économie est une question d'arbitrages et que les changements d'orientation ne doivent pas être exclus a priori.


            Nicolas Thery , Chef de Cabinet de Pascal Lamy, Membre de la Commission européenne

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